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Les fournisseurs d'énergie dans le collimateur de Bercy et de l'Union européenne

Bruno Le Maire va convoquer les fournisseurs d'énergie mercredi prochain à Bercy. Il leur reproche de "ne pas jouer le jeu" sur les négociations de contrats d'énergie. Dans le même temps, une taxe européenne sur les superprofits de l'énergie sera mise en place en décembre.

L'Europe et la France haussent le ton sur les prix de l'énergie. Vendredi, les ministres européens se sont mis d'accord sur une forme de taxe sur les superprofits des producteurs d'énergies. Une initiative proposée le mois dernier par la Commission européenne. Dans le détail, les producteurs d'électricité via le nucléaire ou les énergies renouvelables, qui vendent leur électricité au delà de 180€ par mégawattheure devront donner tous les profits au dessus de ce seuil aux États, qui le redistribueront en aides aux ménages et aux entreprises.

Les producteurs et distributeurs de gaz, charbon ou pétrole vont également devoir verser une contribution temporaire de solidarité. Au total, Ursula Von der Leyen, la présidente de la Commission, espère obtenir 140 milliards d'euros de ces différents dispositifs, qui devraient être mis en place à partir du mois de décembre.

La colère de Bruno Le Maire

En parallèle, Bruno Le Maire convoque les énergéticiens mercredi prochain à Bercy. Il reproche notamment à TotalEnergies, Engie et EDF de "ne pas jouer le jeu" sur les négociations de contrats d'énergie, notamment avec les entreprises. Les énergéticiens se retrouvent sous pression. D'abord au niveau national, pour la première fois Bruno Le Maire affiche son mécontentement et une forme de contrainte envers les énergéticiens.

Il souhaite leur faire signer un code de conduite, pour garantir des prix raisonnables, notamment aux entreprises. Plusieurs PME se retrouvent en grande difficulté, en pleine négociation pour leur contrat d'énergie.

Au niveau européen, la taxe sur les surprofits décidée hier ne devrait pas avoir d'effets immédiats sur nos factures d'électricité. Mais l'effet sera indirect:

"Les États vont utiliser cette taxe pour atténuer le coût du bouclier tarifaire. Ce sont les États qui vont décider de protéger les consommateurs, cela va coûter de l'argent et l'État va récupérer un peu d'argent avec cette taxe" explique Jean-Pierre Favennec, professeur à Paris-Dauphine spécialiste de l'énergie.
Romain Cluzel avec MM