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"Les primes, ce sont des rustines": la gauche et les syndicats réclament une hausse des salaires

Alors que la majorité et ses alliés de circonstances ont adopté trois amendements dans le cadre de l'étude du projet de loi sur le pouvoir d'achat, l'opposition de gauche et les syndicats demandent une hausse des salaires plutôt qu'un prolongement des primes.

L'Assemblée nationale a voté le prolongement de la "prime Macron" ce mardi, au terme de débats houleux sur le projet de loi "pouvoir d'achat". Les députés ont également adopté la baisse des cotisations sociales des travailleurs indépendants, "afin de permettre une progression du pouvoir d'achat annuel de 550 euros pour ceux ayant un revenu équivalent au niveau du Smic". Une mesure qui devrait concerner les artisans, les commerçants, l’ensemble des professions libérales ainsi que les chefs d’exploitation ou d’entreprise agricole, soit 2,25 millions de personnes.

Enfin, les députés ont voté pour favoriser l'intéressement dans les petites entreprises de moins de 50 salariés. Une décision rejetée par la Nupes, dont les élus ont réclamé une hausse des salaires plutôt que des primes.

"Les Français doivent vivre de leur salaire. On a un texte de loi qui s'appelle 'pouvoir d'achat' dont le premier chapitre est "valorisation du travail et partage de la valeur" mais où la réponse n'est pas le salaire", a déploré ce mercredi sur RMC et BFMTV François Ruffin, le député LFI de la Somme.

"C'est avec le salaire qu'on remplit le frigo à la fin du mois"

Même son de cloche du côté des syndicats. "Augmentons les salaires! Tous les syndicats demandent la même chose", avait plaidé un peu plus tôt sur RMC Frédéric Souillot, secrétaire général de Force ouvrière. "Les primes, ce sont des rustines. C'est avec le salaire qu'on remplit le frigo à la fin du mois", a-t-il ajouté, étant favorable comme les députés de la Nupes à une hausse du Smic.

"Commençons par augmenter le SMIC. Il faudrait le monter à 80% du salaire médian. Cela ferait 1.600 euros actuellement", assure-t-il.

François Ruffin estime de son côté que les primes ont plus profité aux grandes entreprises qu'aux PME. "La prime ne répond pas à l'érosion du pouvoir d'achat", assure l'élu, qui plaide de son côté pour un "relèvement des salaires à 1500 euros". "Ensuite, je veux une indexation des salaires sur l'inflation. Il faut rétablir de la justice fiscale. On est revenu au temps des seigneurs. Il faut abolir le temps des privilèges", conclut le député.

Les débats vont se poursuivre à l'Assemblée nationale alors qu'il reste 389 amendements à examiner dans le cadre du projet de loi pouvoir d'achat. De quoi promettre de nouvelles joutes verbales dans l'hémicycle.

Guillaume Dussourt