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Les Républicains ont-ils encore un avenir politique? Ça fait débat sur RMC

8.5% des voix dimanche dernier aux élections européennes… Jamais la droite n’avait jamais essuyé une telle défaite. Une semaine après, le président des Républicains, Laurent Wauquiez a annoncé sa démission. Il ne veut pas être un obstacle à la reconstruction du parti.

Pari raté pour Laurent Wauquiez qui voulait se saisir de l’espace entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen dans le paysage politique pour faire renaître la droite.

"On ne peut pas rester dans ce duel fratricide entre le RN et Emmanuel Macron"

Pourtant, le parti n’est pas mort, veut croire, Laurence Saillet, porte-parole des Républicains.

"Bien sûr que la droite républicaine a de l’avenir. La semaine dernière avant dimanche, personne n’aurait pu imaginer que les choses se passent ainsi. Maintenant, il faut qu’on aille de l’avant et que chacun prenne ses responsabilités justement comme lui l’a fait avec une grande dignité. Pour avancer et reconstruire la droite, on ne peut pas rester dans ce duel fratricide entre le Rassemblement national et Emmanuel Macron qui n’offrent aucun choix aux Français. Nous devons incarner cet avenir".

Mais, c’est évidemment une nouvelle crise pour la droite déjà très affaiblie depuis la défaite de François Fillon en 2017. D'un côté, le parti a vu nombre de ses cadres basculer du côté d’Emmanuel Macron: Gérald Darmanin, Edouard Philippe, Jean-Pierre Raffarin.

De l’autre, c’est la main tendue de l’extrême droite. Ce dimanche soir, Marine Le Pen appelait tous les cadres et électeurs Les Républicains, Patriotes, à la rejoindre. Marion Maréchal souhaite "une grande coalition" entre le Rassemblement National et "la droite populaire" issue des Républicains.

"Aujourd'hui, le président des Républicains c’est Emmanuel Macron"

Julien Odul, président du groupe RN du Conseil régional en Bourgogne-Franche-Comté estime qu’ils sont désormais la seule alternative à Emmanuel Macron.

"LR n’est pas sans président. Aujourd'hui, le président des Républicains c’est Emmanuel Macron puisqu'il a siphonné une bonne partie de l’électorat. Aujourd'hui j’appelle les élus, les cadres et les militants des Républicains, ceux qui ont vraiment la France au cœur, ceux qui veulent moins d’immigration, moins d’impôts, plus de France, à venir nous rejoindre et à participer à ce grand combat pour construire l’alternative autour de Marine Le Pen. On ne veut pas sauver la droite, on veut sauver la France c’est ce qu’il nous importe. On peut dire qu’il n’y a plus de droite aujourd'hui donc il y a de la clarté et nous, nous sommes la seule alternative qui puisse battre Emmanuel Macron en 2022".

Selon les statuts du parti, Jean Léonetti assure la présidence par intérim. Mais désormais, le risque est de tomber dans une nouvelle guerre des chefs. Certains cadres du parti veulent une direction collégiale pour réunir toutes les sensibilités.

Gérard Larcher, président du Sénat, par exemple, lance une "démarche" pour reconstruire "un projet qui rassemble la droite et le centre". Il reçoit demain à Paris plusieurs figures du parti, Christian Jacob, Bruno Retailleau, François Baroin ou encore Valérie Pécresse. D’autres militent pour un congrès à la rentrée pour trancher la ligne politique à adopter. 

Caroline Philippe (avec Caroline Petit)