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"Une nouvelle tête ne peut pas fonctionner, il faut un profil charismatique qui ne clive pas": qui va succéder à Wauquiez à la tête de LR ?

Les électeurs de droite sont soulagés après le départ de Laurent Wauquiez, considéré comme responsable de la débâcle aux européennes. C'est maintenant l'heure de sa succession.

Avec la démission de Laurent Wauquiez lundi soir, les électeurs de droite semblent soulagés. À Neuilly-sur-Seine où Les républicains ont obtenu 48% des voix aux Européennes loin devant La République en Marche, la réconciliation est désormais possible.

C'est notamment le cas pour Joseph qui avait arrêté de voter pour le parti depuis la prise de pouvoir de Laurent Wauquiez:

"Il n’avait pas les idées qu’il fallait pour ce parti il l’a trop mis vers l’extrême droite. C’est une excellente chose qu’il soit parti je revoterai pour Les Républicains même si tout dépend de comment le parti va se reconstruire et avec qui", explique-t-il au micro de RMC.

"Quand on est à la tête d'un mouvement on assume c'est tout"

Même son de cloche chez Marie qui appréciait pourtant la pensée de Laurent Wauquiez. Le départ du leader reste bienvenu après le faible score aux élections européennes: "Il a subi un échec politique et quand on est à la tête d’un mouvement on assume c’est tout", explique la sexagénaire.

Ces électeurs verraient bien Nicolas Sarkozy, Xavier Bertrand ou encore Valérie Pécresse prendre les rennes du parti. Des figures historiques et consensuelles pour rassembler.

"Quelle ligne? Quelle gouvernance? Quelles alliances?" s'interroge Renaud Muselier, président LR de la région Provence Alpes Côtes d'Azur, sur RMC. 

"C'est une décision qui est très importante pour notre famille politique, et à mon avis, très lourde à prendre pour Laurent Wauquiez, qui avait montré de la combativité toute la semaine, mais je pense qu'il a réalisé qu'il avait besoin d'assumer l'échec. Et il le fait avec panache. Maintenant, nous avons la nécessité de refonder, de refabriquer: quelle ligne? Quelle gouvernance? Quelles alliances? Tant que l'on a pas clarifié la ligne, on ne peut plus avancer et les électeurs nous ont mis devant nos propres responsabilités. Ou absence de responsabilités, plutôt, puisque nous avions mis la poussière sous le tapis".

Vers un retour de Nicolas Sarkozy?

Dans l’immédiat, la direction par intérim est assurée par Jean Leonetti, le vice-président délégué, comme le désigne les statuts de LR. 

Et pour la suite plusieurs scénarios circulent déjà. 

Certains veulent la mise en place d’une direction collégiale pour rassembler toutes les sensibilités de la droite jusqu’aux municipales mais d’autres appellent déjà à la convocation d’un Congrés à la rentrée. Et donc à une confrontation entre la ligne conservatrice et identitaire tendance Bellamy et une droite plus sociale et populaire. 

Une nouvelle guerre des chefs, oui, "mais c’est une question de survie" confiait dimanche soir un potentiel candidat à RMC. 

Car, à peine, Laurent Wauquiez avait annoncé sa démission que, dans les minutes qui suivaient, certaines personnalités de droite confiaient déjà qu'elles réfléchissaient à une candidature. Personne ne s'est encore déclaré mais des noms circulent déjà, comme Bruno Retailleau, chef des Républicains au Sénat, pour la ligne conservatrice.

"Pour arriver à refaire l’unité de ces courants, y compris au niveau des électeurs, une nouvelle tête ne peut pas réellement fonctionner parce qu’elle n’a pas eu l’occasion de cristalliser autour d’elle. Il faut à la fois un profil charismatique qui ne clive pas des élus qui sont fondamentalement divisés quant à la ligne", estime le politologue Benjamin Morel.

Pour lui Nicolas Sarkozy est le seul aujourd'hui capable d'incarner ce profil.

Nicolas Traino, Bettina de Guglielmo et Jérémy Trottin (avec Guillaume Dussourt)