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Loi Elan: "On craint des pressions de la part des promoteurs pour construire et bétonner la côte"

Ce mercredi 30 mai, le projet de loi Elan sur le logement et l’aménagement va être examiné en première lecture à l’Assemblée Nationale. Une loi qui inquiète les habitants du littoral.

Ce mercredi 30 mai, le projet de loi Elan sur le logement et l’aménagement va être examiné en première lecture à l’Assemblée Nationale. Une loi qui inquiète les habitants du littoral. 

Une loi qui fait trembler les associations de protection de la nature. Dans le texte de loi Elan, un des amendements, porté par des députés LREM, pourrait remettre en cause la loi Littoral de 1986, qui protège les côtes françaises de nouvelles constructions.

Il s’agit de permettre au cas par cas la construction sur les "dents creuses", ces zones vides entre deux constructions déjà présentes. Autre nouveauté, la décision de faire construire reviendrait au maire, après validation de la préfecture, et non pas à l’Etat.

"C’est pas ça, sur 25 kilomètres de littoral qui va modifier la face du monde"

Une idée inacceptable pour les associations environnementales qui y voient une nouvelle dérive, une porte ouverte à l’urbanisation à tout va et au bétonnage des côtes françaises.

A la Tremblade, station balnéaire de 4.000 habitants en Charente-Maritime, l’amendement des "dents creuses" pourrait bien changer le visage de la commune.

Sur la plage, Jean Pierre Tallieu, président de la communauté d’agglomération de Royan montre un terrain en friche entre deux maisons.

"C’est ce qu’on appelle une "dent creuse", sur laquelle on devrait pouvoir être autorisé à construire. La loi on ne revient pas dessus, c’est simplement lever quelques verrous ponctuellement sur la commune. Ça correspondrait à 3 ou 5 habitations nouvelles, c’est tout. C’est pas ça, sur 25 kilomètres de littoral qui va modifier la face du monde".

"On redoute qu’il y ait des buildings de plusieurs étages"

"Faux", répond Catherine Lainé présidente de l’association, "Sauvons le littoral Ronçois". Selon elle, cet amendement remet en cause la loi Littoral.

"On redoute qu’il y ait des buildings de plusieurs étages et qu’on coupe des arbres. Comme ça va être le maire ou les élus qui vont décider, on craint des pressions de la part des promoteurs pour construire et bétonner la côte".

Catherine Lainé rappelle que la station balnéaire de la Tremblade est avant tout réputée pour ses côtes sauvages qui attire de nombreux touristes chaque été.

Anaïs Denet (avec C.P.)