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"Quiconque veut soutenir Macron doit le faire sur notre ligne", prévient le secrétaire général d'En Marche

Richard Ferrand, secrétaire général d'En Marche, le mouvement d'Emmanuel Macron, s'est réjoui des soutiens qui affluent vers l'ancien ministre de l'Economie, qu'il espère voir intensifiés par la victoire de Benoît Hamon. Mais il prévient: "soutien ne vaut pas investiture pour l'avenir".

Et si Emmanuel Macron était le vrai vainqueur de la primaire socialiste. En choisissant Benoît Hamon comme candidat à la présidentielle dimanche soir, les électeurs de gauche ont ouvert un boulevard à l'ancien ministre de l'Economie, qui dispose maintenant d'un vaste espace au centre, et voit affluer vers lui les soutiens. S'il ne l'a pas dit ouvertement, Richard Ferrand, secrétaire général d’En Marche, le mouvement d'Emmanuel Macron, se réjouit du choix de Benoît Hamon, dont il estime qu'il est dans une "situation singulière". "Soit il reste sur ses positions et il ne rassemble pas, soit il rassemble mais alors il trahit sur ce quoi il a été élu. Il doit porter au nom du Parti socialiste le bilan du quinquennat dont il a été le principal critique". Richard Ferrand l'assure, en tout cas, "aucune rencontre entre Benoît Hamon et Emmanuel Macron n'est prévue".

Message aux députés: "soutien ne vaut pas investiture pour l'avenir"

Selon lui, le choix d'Emmanuel Macron de ne pas se présenter à la primaire est aujourd'hui validé. "Tout ceci créée une confusion, et c'est le propre des primaires. C'est pour cela que nous n'avons jamais voulu y participer. La seule primaire qui vaille, c'est le premier tour de la présidentielle".

Quant aux soutiens éventuels de députés ou sénateurs socialistes, le secrétaire général d’En Marche rappelle une règle: "soutien ne vaut pas investiture pour l'avenir. Quiconque veut nous soutenir le fait sur notre ligne, notre cap". "Mais ils sont évidemment les bienvenus. Nous marchons notre chemin, et ceux qui veulent amplifier la dynamique sont les bienvenus".

"Le projet présidentiel présenté en mars"

Richard Ferrand ne s'offusque pas, par ailleurs, des critiques qui pleuvent sur son candidat, qu'elles viennent de personnalités de gauche comme de droite. "La démarche d'Emmanuel Macron dérange. Il a fait bouger les clivages et rassemblent des gens de la gauche et de la droite, et donc cela les embête tous. Ils étaient peinards dans l'alternance: un coup à gauche, un coup à droite. Cela fait 30 ans que ça dure et que cela ne résout pas les problèmes des Français".

Et parmi ces critiques, celles sur le flou entourant pour l'instant le programme d'Emmanuel Macron. Là, Richard Ferrand appelle à la patience. "Il a déjà fait des propositions sur le travail - en disant que l'allocation chômage devait être universelle -, il a fait des propositions sur l'agriculture, sur la culture, sur l'éducation - en voulant dédoubler le nombre d'élèves devant un professeur dans les quartiers -. Fin février il donnera le cadrage budgétaire de tout ça, et en mars il rassemblera toutes ses propositions dans ce qu'on appellera le projet présidentiel".

P. Gril avec JJ. Bourdin