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Soutenir Hamon? "On ne peut pas soutenir quelqu'un qui vous crache à la gueule depuis 5 ans"

Benoît Hamon, vainqueur dimanche soir de la primaire à gauche, a immédiatement exprimé sa volonté de réunir "tous les socialistes" en vue de la présidentielle. Une mission quasi-impossible si on en croit les premières réactions à chaud des soutiens de Manuel Valls au micro de RMC.

A peine choisi pour représenter les socialistes à la présidentielle dimanche soir, Benoît Hamon a immédiatement montré sa volonté de réunir son parti derrière lui. Mais à en juger par les premières réactions des soutiens au candidat malheureux Manuel Valls, la tâche paraît compliquée, voire impossible. Dimanche soir, à la maison de l'Amérique Latine à Paris, où s'est rendue RMC, les soutiens dépités de l'ancien Premier ministre ont immédiatement annoncé la couleur.

Soutenir Hamon? Pour Gilles, militant du Parti socialiste depuis 35 ans, c'est tout simplement "impossible. Im-po-ssi-ble!" "Il a trahi son camp (en critiquant l'exécutif et en démissionnant du gouvernement). Je ne vais pas voter pour quelqu'un qui a trahi. Ça fait 35 ans que je suis au Parti socialiste, et pour moi c'est fini. Je resterai à la maison au printemps". Et pour qui va-t-il voter en avril prochain, lors du premier tour de la présidentielle? "Je voterai Macron, par dépit".

"Il est hors de question que je soutienne Hamon, râle également Pierre, militant socialiste depuis 1987. On ne peut pas soutenir quelqu'un qui vous crache à la gueule depuis cinq ans. Je ne pourrai pas faire campagne pour lui. Je vais me mettre en retrait du parti socialiste, comme beaucoup je pense". Et comme beaucoup, il assure qu'il votera "Macron". "On n'a pas d'autres solutions", estime-t-il.

"C'est à Hamon de créer les conditions du ralliement"

D'autres sont moins catégoriques que Pierre et Gilles. Mais pas question pour autant de donner un chèque en blanc à Benoît Hamon. Ainsi de Margot Antoniazzi, responsable des "Jeunes avec Valls". "Moi je fais campagne avec le cœur et mes convictions. Et avec Benoît Hamon, il n'y aura pas de cœur et les convictions ne sont pas encore là. Je vais attendre de voir ce qu'il va proposer."

Francis Chouat, le maire d'Evry, bastion de Manuel Valls, attend une chose du vainqueur de la primaire à gauche: "c'est qu'il défende le quinquennat !". "Il y a une très profonde division. Et c'est à lui de créer les conditions du ralliement". Sinon, "on verra', répondent en chœur les proches de Manuel Valls. Entendez: "sinon, on votera pour Macron".

P. Gril avec J-B. Durand