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"Si la ligne change, ce sera sans moi": au RN, début de fronde après l'élection de Jordan Bardella

Jordan Bardella a remporté l'élection pour la présidence du Rassemblement National. Mais après son sacre, des premières dissensions ont commencé à se faire sentir. Avec en premier lieu, l'éviction des instances dirigeantes du maire de Hénin-Beaumont, Steeve Briois.

Décidément, le RN connaît une mauvaise passe. Après les propos jugés racistes d’un de ses députés dans l’hémicycle, le sacre de Jordan Bardella à la tête du parti a été entaché par un début de fronde.

Ce week-end, c’est Steeve Briois, qui a semé la zizanie. Le maire de Hénin-Beaumont, très proche de Marine Le Pen, est en colère après avoir été évincé des instances dirigeantes du parti. À peine Jordan Bardella élu, il s’est fendu d’un communiqué se disant inquiet d’une “re-radicalisation” du mouvement. Et ce n'est pas fini, cette fois, c’est le député du Pas-de-Calais Bruno Bilde, son acolyte du clan dit “d’Henin Beaumont” qui hausse d’un ton et qui s’est confié à RMC.

Lui aussi est un artisan de la ligne sociale du RN, intime de la cheffe, et voilà ce qu'il dit: “Le premier acte de Jordan Bardella, c’est donc de décapiter Hénin-Beaumont, symbole du marinisme et fief de Marine Le Pen”, dénonce-t-il. Il va même jusqu’à menacer de claquer la porte du parti.

“Si jamais je sens que la ligne sociale change, si c’est la ligne identitaire et conservatrice qui l’emporte, ce sera sans moi!”, a-t-il assuré.

Un message directement adressé à l’état-major du parti. Dans les instances dirigeantes du RN, officiellement, l’heure est à l’apaisement. Le nouveau bureau national s’est d’ailleurs réuni dimanche et cette fronde n’a été que rapidement évoquée, confie un participant. Une fronde renvoyée à un conflit de personnes et pas un conflit politique. Bref, “ça va passer” ont répété plusieurs sources. Il n’est pour le moment pas question de sanctions à l’égard de ces figures historiques du RN.

Marine Le Pen embêtée

Pourtant, certains estiment qu’ils sont allés trop loin. “D’autres ont été virés pour moins que ça !”, juge un collaborateur parlementaire du RN. Il vise surtout Steeve Briois, qui est à l’origine du psychodrame de ce week-end. Visiblement, certains députés, cadres du parti, souhaiteraient carrément son exclusion du parti.

Un cadre du mouvement est même plus cash à l’égard de ceux qu’il désigne comme des traîtres.

“Les gens qui mettent des peaux de banane, il faut les dégager !”, appuie-t-il.

Sauf que ce n’est pas si simple que ça. Pour Marine Le Pen, notamment. Elle est élue du Pas-de-Calais et Hénin-Beaumont, c’est son fief, sa circonscription en tant que députée. Résultat, elle a aussi besoin de ce clan, très implanté, et qui a œuvré depuis 20 ans à son succès, et à toute son entreprise de dédiabolisation, aussi.

Alors forcément, “elle est embêtée”, confie un proche du clan Hénin-Beaumont. Hénin-Beaumont où Marine Le Pen a l’habitude de se rendre le 11 novembre, pour les cérémonies de commémoration, aux côtés de Steeve Briois.

Hélène Terzian