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"Il est blessé, il a un coup de mou": la réponse de Laurent Jacobelli à Steeve Briois

Jordan Bardella a été élu à la tête du RN. Entre l'ombre de Marine Le Pen, candidate naturelle pour 2027, les tensions avec les élus du Nord exclus du bureau exécutif, et la polémique après les propos du député Grégoire de Fournas dans l'hémicycle, la semaine a été agitée au Rassemblement national. Le député Laurent Jacobelli, porte-parole du RN, était l'invité de la Matinale week-end de RMC.

Du rififi au RN. Après l'élection de Jordan Bardella à la tête du Rassemblement national, le maire d'Hénin-Beaumont Steeve Briois a dénoncé une "reradicalisation du parti", dont le symbole est le fait qu'il soit écarté du bureau exécutif du parti, l'instance principale du RN. Invité ce matin de la Matinale week-end de RMC, le porte-parole du parti qui a porté Marine Le Pen au second tour de la présidentielle, le député de la Moselle Laurent Jacobelli, lui a répondu.

Pour lui, "il n'y a aucun risque". "Dans le (nouveau) bureau national, il y a des gens qui viennent de toutes les tendances: des gaullistes sociaux, des gens qui viennent de la droite, des gens qui n'étaient pas engagés politiquement."

"Je lui dis de prendre du recul, il est vexé, mais on ne fait pas des combats pour flatter son égo. On mène un combat politique pour une cause d'intérêt général."

"Si peut-être on l'avait plus vu au bureau exécutif…"

Laurent Jacobelli estime que son collègue "n'est pas à la hauteur de l'enjeu": "les structures d'une organisation sont faîtes pour être régénérées, renouvelées. Le rôle des gens d'expérience doit aussi être, d'accepter, à un moment, de ne plus avoir un titre, mais de former, de dire aux nouvelles générations comment bien faire de la politique. Ce serait une vision plus sage que de tempêter dans son coin parce qu'on a perdu un titre."

Le député de la Moselle estime qu'il ne doit pas y avoir de sanction contre lui, parce que Steeve Briois "a une antériorité et a fait ses preuves dans le mouvement" : "il faut laisser les choses se calmer. Il a un coup de mou de sa part parce qu'il a perdu son poste", explique-t-il avant de tacler:

"Si peut-être on l'avait plus vu au bureau exécutif ou au bureau national, il y serait toujours."

"Marine Le Pen est prête à diriger le pays"

Pour Laurent Jacobelli, la stratégie de Jordan Bardella "est la bonne" et "quand une recette fonctionne, il faut la continuer" Le duo Bardella/Le Pen "a très bien fonctionné depuis des mois: il a bien fonctionné à la présidentielle, bien fonctionné aux législatives. Les adhérents, les cadres avaient envie que cela continue", juge-t-il.

"Maintenant l'objectif c'est 2027, et il faut être prêt à gouverner la France. À titre personnel, je souhaite que Marine Le Pen soit candidate."

Le porte-parole du RN estime que sa candidate en 2012, 2017 et 2022 "est prête à l'exercice, à diriger le pays": "Elle a cette empathie, cette connaissance du peuple français et a le programme qui rencontre les attentes des Français."

"Un déferlement contre le RN"

Les derniers jours ont été bousculés pour le Rassemblement national. Après l'incident à l'Assemblée nationale ayant amené à l'exclusion pendant 15 jours du député Grégoire de Fournas, Laurent Jacobelli estime qu'il "y a un déferlement contre" le RN. "Depuis le début de cette mandature au Palais Bourbon, on se fait insulter tous les jours: j'ai entendu facho, rat, des termes incroyables qui n'émeuvent personne."

"Il faut que vous ne rentriez pas dans le storytelling de rediaboliser le RN car ça ne marchera pas."

"Si à chaque fois que l'on parle d'immigration, on dit que nous sommes racistes, les Français ne seront pas dupes. Si à chaque fois que l'on se défend, on dit que nous sommes agressifs, les Français ne seront pas dupes. Ils vivent la même chose que nous au quotidien: ces agressions quotidiennes, cette impossibilité de penser par soi-même, ce refus qu'on ne rentre pas dans la version officielle, les gens en ont ras-le-bol."

"Un 49-3 moral, un déni de démocratie"

Sur l'incident à l'Assemblée nationale, Laurent Jacobelli estime que "s'il y avait eu insulte raciste, ça aurait été intolérable" mais que "leur histoire est montée de toute pièce". "La première accusation faite à Grégoire de Fournas était d'avoir proféré une insulte raciste: le bureau de l'Assemblée nationale n'a pas retenu ce motif. Il n'a même pas retenu le motif de l'injuge, mais le motif de tumulte. Ils ont été coincés."

À la question de porter la question devant la Cour européenne des droits de l'Homme, comme proposé par son confrère député RN Jean-Philippe Tanguy, Laurent Jacobelli répond "pourquoi pas".

"Si vous émettez des opinions contraires à celles du gouvernement, il y a un 49-3 moral en permanence avec les idiots utiles de LFI pour jouer les agitateurs. Il faut arrêter: il commence à y avoir dans ce pays trop de déni de démocratie"

La Matinale Week-end