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Bardella élu à la tête du RN, l'ombre de Marine Le Pen et les premières divisions

Jordan Bardella a été élu à la tête du Rassemblement national, ce samedi. Mais entre l'ombre de Marine Le Pen, qui reste la cheffe du mouvement, et des premières divisions internes, le congrès du RN n'a pas été de tout repos pour son nouveau président.

Jordan Bardella est le nouveau président du Rassemblement national depuis ce samedi. Celui qui occupait le poste depuis plusieurs mois par intérim a été plébiscité par les militants: 84,84% des votants, très loin devant le maire de Perpignan Louis Aliot. Pour la première fois depuis sa création, la tête du parti quitte donc la famille Le Pen.

Pour autant, malgré l'élection de Jordan Bardella, c'est bel et bien Marine Le Pen qui reste la cheffe. A son arrivée dans la salle, Marine Le Pen l'emporte largement à l'applaudimètre et prévient qu'elle "ne quitte pas la présidence du mouvement pour partir en vacances". "Pour l'avenir pour le mouvement comme pour la France, il va de soi que je serai là où le pays et la cause nationale auront besoin de moi."

Ne pas faire d'ombre à Marine Le Pen

Pour de nombreux militants, le nouveau président du parti ne doit pas faire de l'ombre à la probable candidate de 2027.

"Marine Le Pen est au-dessus, ça ne fait aucun doute pour moi. Elle reste la vraie patronne du mouvement" estime Jean-Louis

Soutenir Marine Le Pen et éviter les polémiques, comme cette semaine à l'Assemblée nationale, c'est la mission de Jordan Bardella: "Il doit améliorer l'image du RN. Nous normaliser. Tout l'enjeu sera là !", juge Nathan.

Sauf qu'en interne, quelques voix discordantes commencent à poindre. Chez certains militants, comme Denise, qui estiment que Jordan Bardella "a tous les atouts pour faire un bon président de la République" et doit remplacer Marine Le Pen à la candidature suprême dès 2027: "Il vient avec du sang neuf, il est plus à même de diriger le pays. Oui, je crois qu'elle a fait son temps". Micro éteint, un proche de Marine Le Pen prévient que si le nouveau président du RN "veut prendre sa place, (Jordan Bardella) se fera laminer dans la minute."

Des élus du Nord écartés des instances

Dissensions chez quelques militants, mais aussi chez certains cadres du parti. Il n'aura fallu attendre que quelques minutes pour qu'elles apparaissent au grand jour. Steeve Briois, le maire d'Hénin-Beaumont, est à la tête de cette fronde. Il reproche en substance au président élu de défendre une ligne trop radicale, qui je cite "fait des ronds de jambe à certains intégristes". Jordan Bardella, qui selon lui oublierait le "Ni droite ni gauche" défendu par Marine Le Pen. Le maire d'Hénin Beaumont déplore aussi et surtout d'être écarté, tout comme le député Bruno Bilde, du bureau exécutif du parti: l'instance qui prend les décisions les plus importantes du RN.

Dans le camp de Jordan Bardella, qui dénonce une "caricature" et "des discours de division", on minimise cette fronde et on rappelle qu'il est élu à plus de 80%. Un des proches du nouveau président du RN le défend face aux accusations de radicalité: "Jordan ne suit qu'une ligne, celle de Marine Le Pen". La direction du parti, à ce stade, n'envisage aucune sanction/ou exclusion malgré la discipline historique imposée aux cadres et militants du RN.

Cyprien Pézéril et Maxime Martinez