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Violences faites aux femmes: Julien Bayou mis en retrait de la co-présidence d’EELV

La Nupes continue d'être secouée par les affaires de violences faites aux femmes. Après l'affaire Adrien Quatennens, Julien Bayou a été mis en retrait de la co-présidence du groupe écologiste à l'Assemblée nationale. Selon nos informations il a demandé à 4 reprises d'être entendu par la cellule interne du parti, sans succès.

Nouveau tremblement de terre au sein de la grande alliance de gauche. Alors que l’affaire Adrien Quatennens plonge le parti de La France insoumise (LFI) dans la tourmente depuis le début de semaine, Julien Bayou se voit lui aussi impliqué dans une affaire de violence conjugale.

Et pour le député écologiste parisien, la conséquence est sans appel : mardi soir, après des heures d'hésitation, le bureau du groupe écologiste à l'Assemblée, fort de 23 députés, a décidé de suspendre Julien Bayou de ses fonctions de co-président.

Tout a commencé sur le plateau de France 5, lundi soir, lorsque Sandrine Rousseau, députée EELV, avait affirmé avoir reçu chez elle l'ex-compagne de Julien Bayou.

L'ancienne finaliste de la primaire écologiste a expliqué que cette femme était "très déprimée" depuis son histoire avec le député de la 5e circonscription de Paris. Sandrine Rousseau avait par ailleurs qualifié les manières du co-président d’EELV de "comportements de nature à briser la santé morale des femmes".

L'éco-féministe a assuré qu'"elles sont manifestement plusieurs" à être concernées par ces comportements, évoquant une "enquête journalistique en cours". En juillet dernier, après un signalement, la cellule interne d’EELV avait alors été saisie.

Dans l’attente des résultats de l'enquête menée par cette cellule, les députés écologistes ont donc suspendu les fonctions de leur coprésident, resté silencieux depuis.

Selon nos informations, Bayou a demandé 4 fois à être entendu par la cellule interne de EELV

Mardi soir, le groupe écologiste a dit prendre "très au sérieux la parole des femmes et le sujet des violences faites aux femmes". Cependant, la direction d’EELV a précisé que la "mise en retrait" de Julien Bayou "ne vaut pas démission", et qu’elle a été décidée "sans présager des conclusions de cette affaire et pour assurer la sérénité de la rentrée parlementaire".

À l’heure actuelle, Cyrielle Châtelain, députée de la 2e circonscription de l’Isère, est donc la seule présidente du groupe écologiste à l’Assemblée. Pour Marine Tondelier, qui devrait briguer la présidence du parti dans les prochains mois, ce genre d'affaires ne peut pas se régler dans la presse.

Et si Julien Bayou a été mis à l’écart de la co-présidence du groupe à l’Assemblée, les écologistes ont décidé de le conforter à sa place de secrétaire général du parti. Il n'a pas encore réagi mais selon nos informations, il a demandé à 4 reprises d'être entendu par la cellule interne du parti, sans succès, 3 fois en juillet, une fois début septembre.

Aux yeux de Marine Tondelier, aussi conseillère régionale des Hauts-de-France, si les membres de la cellule interne de crise l'avaient pensé nécessaire, "ils auraient eu toute latitude de suspendre" Julien Bayou de son poste de secrétaire national, selon des propos rapportés par l’AFP.

Le parti promet que "lorsqu'elles seront portées à sa connaissance, EELV suivra les recommandations de la cellule".

Alexis Lalemant avec Hélène Terzian et l'AFP