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Algues vertes en Bretagne: les concentrations de gaz dans l'air jugées inquiétantes

Des habitants de la commune d'Hillion, en Bretagne, sont pollués par les algues vertes. Ils regrettent que leur plage soit fermée à cause de cette pollution. Et surtout, ils s'inquiètent pour leur santé. Où en est la situation ?

Dans la commune d'Hillion, en Bretagne, la plage de l’hôtellerie est fermée depuis mi-juillet. La raison? Une pollution par les algues vertes. Une longue fermeture que regrettent les habitants de la commune, qui ne peuvent plus profiter de ce site magnifique. Mais qui les inquiète aussi, car les algues vertes sont dangereuses. Quand elles pourrissent, elles dégagent un gaz toxique, de l'hydrogène sulfuré.

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Et les riverains ont écrit à "RMC s'engage pour vous" (rmcpourvous@rmc.fr) pour avoir des informations sur les concentrations de ce gaz dans l'air qu'ils respirent. Pour avoir accès à ces informations, il faut passer par l'association de qualité de l'air en Bretagne Air Breizh, qui mesure justement tous les jours les niveaux d'hydrogène sulfuré à proximité de la plage. Mais les habitants ne peuvent pas avoir les résultats.

“Nous ne souhaitons pas publier d’informations qui ne sont ni interprétées ni consolidées. On ne peut pas donner des données brutes telles qu’elles sont. Par contre, on pourrait envisager une lecture des données une fois par mois par exemple”, avait expliqué Laurence Mahé, en charge de cette question à la Communauté de commune.

Depuis la publication de notre reportage, les résultats ont finalement été publiés. Air Breizh a publié un bilan annuel avec des moyennes journalières et des résultats inquiétants. 

“Les résultats sont franchement mauvais, explique Annie Le Guillou, co-président de l'association 'Halte aux Marées vertes'. De mai à octobre, nous avons une moyenne de 15,4 microgrammes d’H2S par mètre cube. Soit deux fois et demi supérieur à 2020. Toutes les conditions sont réunies pour que certains puissent éprouver des mots de tête ou des nausées”, explique-t-elle.

Une publication mensuelle jugée insuffisante

Donc les résultats en sont la preuve, la concentration de gaz toxique a fortement augmenté entre 2020 et 2021 et la valeur guide de l’Organisation mondiale de la santé a été dépassée deux fois. Les riverains demandent donc plus que jamais à avoir accès aux résultats de qualité de l'air. Après notre dernier reportage, le président de la Communauté de communes s'était engagé à une publication mensuelle. Mais là encore ce n'est pas suffisant pour Annie Le Guillou.

“Une publication mensuelle ne fait pas sens. Quand début juillet un riverain est pris de mal de tête, il ne va pas attendre le mois d’août pour savoir si c’est lié à l’air qu’il respire ou à autre chose. Monsieur Ronan Querdra, président de Saint-Brieuc Armor agglomération, nous répond que comme en amour, il a fait un pas vers l’autre. Nous dirons que comme un enfant, il se braque et il boude au lieu d’avoir l’humilité et l’élégance de jouer la transparence démocratique”, appuie-t-elle.

A défaut d'avoir accès aux résultats, l'association Halte aux Marées vertes envisage de remplir une demande CADA, c'est-à-dire une demande administrative formelle pour obliger la communauté de communes à leur transmettre les documents.

Marie Dupin et Anne-Lyvia Tollinchi avec Guillaume Descours