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En Bretagne, les algues vertes prolifèrent de nouveau et les maires dénoncent l'inaction de l'Etat

En Bretagne, les algues vertes sont de plus en plus nombreuses cet été. Face au danger, les maires appellent l'Etat à l'aide.

Elles sont plus que jamais de retour cet été en Bretagne. Alors que leur nombre avait diminué ces dernières années, les algues vertes envahissent les plages des côtes rocheuses.

Dans la baie de Saint-Brieuc notamment, la commune d’Hillion a été contrainte de fermer à trois reprises ses bords de mer depuis le début de la saison estivale. En cause, la météo propice à la prolifération de ces plantes aquatiques, dont la décomposition à une certaine dose peut être mortelle pour l’homme.

"Il y a eu une succession de jours où il y a eu de la lumière et où il y a eu des averses", constate Yves-Marie Le Lay, président d’une association pour la sauvegarde du littoral. Résultat : "les algues n’arrêtent pas d’arriver".

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"Si on reste là 8 minutes, c'est la dose mortelle"

Sur les côtes, André Ollivro, président du collectif "Halte aux Marées Vertes", mesure régulièrement la toxicité des plantes. Depuis plusieurs semaines, il lui suffit de quelques pas sur la plage pour que le déclencheur se mette à sonner. "Si on reste là 7 à 8 minutes, c’est la dose mortelle", plante-t-il au micro de RMC.

Et pour cause, lors de leur putréfaction, les plantes aquatiques rejettent du sulfure d'hydrogène, reconnaissable à son odeur d’œuf pourri. C’est ce gaz hautement toxique qui entraîne la mort en cas d’exposition trop importante.

Comme cela avait été le cas en 2009 où un homme de 48 ans avait perdu la vie après avoir été en contact prolongé avec ces organismes. Ce même été, un cheval s’était enfoncé dans la vase, inanimé.

"Cela fait 50 ans que certains ont alerté sur le sujet des algues et qu’il fallait combattre ce fléau… et je vois que les algues sont toujours là", tance le médecin qui dénonce l'activité agricole, responsable du fléau. Autrement dit, les engrais chimiques et les déjections animales.

"Plus de moyens"

Face au danger cet été, la municipalité a écrit fin juillet au président de la République pour alerter sur la situation. Dedans, les associations et les élus dénoncent l’inaction de l’État.

"Sur notre baie, seulement 28% des échouages sont ramassés. On demande donc des moyens supplémentaires", alerte Annie Guennou, 1ère adjointe à la mairie d’Hillon. Comme ses voisins en bord de mer, la commune bretonne souhaite que les algues soient enlevées en mer, avant même qu’elles touchent le sable.

Avis aux promeneurs, "il faut se méfier des fonds de baie, là où les algues ne sont pas ramassées", prévient Pierre Philippe. Ces plantes en putréfaction "prennent un aspect blanchâtre, gris, presque comme du sable. C'est dans sous ces formes là qu'elles sont les plus dangereuses."

Les associations environnementales s’attendent à des nouveaux records sur les côtes bretonnes cette année.

Alexandra Sirgant (avec LC)