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Au cœur des ruches du Muséum national d’Histoire naturelle de Paris

REPORTAGE - RMC a eu accès à certains lieux emblématiques du Museum, d'ordinaire interdits au public. Comme le rucher par exemple. Depuis cinq ans, il a été décidé d'y protéger l'abeille noire pour enrayer l'hécatombe qui touche le monde apicole.

En France, chaque année, près de 30% des abeilles disparaissent. Autre constat, en 10 ans, 15 000 apiculteurs ont cessé leur activité. Situation d'autant plus inquiétante que plus de 80% des espèces de plantes ont besoin des abeilles pour se reproduire. Alors pour tenter d'enrayer l'hécatombe qui touche le monde apicole, le Muséum national d'Histoire naturelle de Paris a pris la décision de protéger les abeilles noires qui vivent dans le rucher de son jardin. Alors que ce lieu est normalement interdit au public, RMC y a eu accès.

Et pour pénétrer dans le monde des abeilles, il est nécessaire de bien s'équiper, bien se protéger. "Il ne faut aucun trou car les abeilles adorent les petits trous, précise Vanessa, l'apicultrice responsable du rucher du Muséum. Il faut donc enfiler des gants et mettre une combinaison intégrale". Une fois cette précaution prise, Vanessa ouvre une première ruche: "Je mets de la fumée à l'entrée afin de les prévenir de mon arrivé", indique-t-elle.

Zéro pesticide

A l'ouverture, bonne nouvelle, le cadre est plein d'abeilles. Surtout, "il y a des œufs, ce qui veut dire qu'une reine est en train de pondre. Ce qui est bon signe." Car ailleurs en France, c'est une autre histoire, les abeilles disparaissent, les colonies s’effondrent : "En campagne, l'usage de pesticides est très répandu ce qui peut avoir un impact sur la santé des abeilles car c'est très toxique. Mais il y a aussi des zones de monocultures, comme les champs de colza, où les abeilles ont à manger pendant un temps; mais une fois que la floraison est terminée, il n'y a plus rien", souligne Vanessa.

"Quand on sait que la grande majorité de nos plantes ont besoin des insectes pour se reproduire, s'il n'y a plus d'abeilles, c'est l'effondrement de notre écosystème", s'alarme aussi l'apicultrice. Mais au Muséum national d'Histoire naturelle, tout est fait pour les protéger. "On a essayé de reconstituer un petit écosystème avec une petite mare pour que les abeilles puissent prélever de l'eau. Aussi, nous n'utilisons pas de pesticides". Conséquence: "les abeilles se sentent beaucoup mieux" et chaque ruche produit jusqu’à 30 kilos de miel tous les ans.

Maxime Ricard avec Juliette Droz