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Convention citoyenne pour le climat: les participants en colère craignent que le gouvernement ne prenne pas en compte leurs recommandations

Les 150 membres de la convention citoyenne s'inquiètent de ne pas retrouver leurs propositions dans le projet de loi.

Les 150 membres de la Convention citoyenne pour le Climat sont attendus ce lundi par le gouvernement pour découvrir les ultimes arbitrages ministériels sur le projet de loi climat. Le texte est censé reprendre 40% de leurs 146 propositions, formulées en juin mais beaucoup craignent d'être mis devant le fait accompli. Le gouvernement cherche les bonnes formulations sur les mesures les plus contraignantes : la rénovation thermique obligatoire des bâtiments, la publicité pour les produits les plus polluants encadrée ou les sujets liés aux transports sont les plus problématiques. Les 150 membres de la convention citoyenne s'inquiètent de ne pas retrouver leurs propositions dans le projet de loi. 

Ils s'inquiètent des allers-retours entre cabinets ministériels, et la crainte de voir au final des propositions détricotées. Exemple avec celle de l'obligation de rénovation thermique des bâtiments: "Lâcher l'obligation pour nous ce ne serait pas aller dans le sens de la mesure. Ce serait s'écarter de l'objectif final qui est la réduction des gaz à effet de serre. On ne peut pas se contenter d'un 'c'est pas l'époque, c'est pas le moment, on peut faire ça plus tard'. Le problème avec la politique c'est que remettre à plus tard c'est ne jamais le faire et là on en a besoin", explique William Aucant, membre de la convention citoyenne. 

"On n'est pas là pour faire changer la société, on a fait des recommandations parce qu'on nous l'a demandé"

Sylvain Burquier, faisait lui aussi partie de la convention citoyenne. Il regrette l'attitude des politiques et l'évolution du projet global:

"On n'est pas là pour faire changer la société, on a simplement fait des recommandations parce qu'on nous l'a demandé. On nous fait venir et ensuite on rase les murs pour détricoter les sujets. C'est décevant mais nous on est toujours aussi motivés. Maintenant aux politiques d'écrire la loi. Nous n'avons pas envie de finir déçus et nous n'avons pas fait tout ça pour finir par interdire les terrasses chauffées".

Un peu d'espoir, donc et une demande : que le président de la République respecte sa promesse de ne pas réécrire les propositions des citoyens. 

Rémi Ink (avec G.D.)