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Décès liés aux algues vertes: l'Etat attaqué en justice

L'avocat de la famille d'un joggeur décédé en 2016 demande réparation aux collectivités pour inaction dans la lutte contre ces algues vertes dont la décomposition produit un gaz toxique.

L'Etat est-il coupable de négligences dans le traitement des algues vertes? C'est ce que défend l'avocat de la famille d'un joggeur décédé en septembre 2016 à Hillion dans les Côtes-d'Armor. Il saisit ce jeudi le tribunal administratif de Rennes.

La famille demande réparation auprès de la commune de Hillion, de l'agglomération de Saint-Brieuc et de l'Etat. Tous trois coupables selon eux d'inactions dans la lutte contre ces algues dont la décomposition produit un gaz toxique. Ils réclament environ 600.000 euros.

En ne prenant pas de réelles mesures contre la prolifération des algues vertes, les autorités se rendent coupable de ces décès selon Maitre François Lafforgue, l'avocat de la famille de la victime qui s'explique sur RMC.

"L'ampleur du phénomène n'aurait pas été celui qu'on connaît si l'Etat avait pris des mesures plus adaptées"

"L'Etat ne prend pas de mesures adaptées. Malheureusement on déplore des victimes depuis maintenant trente ans. Les autorités publiques sont responsables de cette situation. L'ampleur du phénomène n'aurait pas été celui qu'on connaît si l'Etat avait pris des mesures plus adaptées. On leur demande de prendre des mesures efficaces. Or, ce n'est pas le cas, on constate encore une prolifération de ces algues vertes cette année..."

Âgé de 50 ans et sportif de haut niveau, ce joggeur était un habitué de la vasière où il a été retrouvé mort. Il s'y était engagé pour retrouver son chien.

Deux semaines après sa mort, le parquet de Saint-Brieuc avait demandé l'exhumation du corps pour réaliser une autopsie et des analyses toxicologiques, mais en raison du délai trop important les analyses n'ont pas pu révéler de manière certaine les causes du décès. L'enquête a été classée sans suite en avril 2017.

Benjamin Pelsy (avec James Abbott)