RMC

Dupin Quotidien: peut-on vraiment se fier aux "médailles" du Salon de l'Agriculture?

A quelques heures de la fermeture de la "plus grande ferme de France", porte de Versailles, à Paris, plusieurs remises de prix vont avoir lieu. Mais pour quoi faire? Qui sont les membres du jury? Quels seront les avantages pour les primés? Les éclairages d'Anaïs Bouitcha sur RMC.

Chaque année,le Concours général agricole récompense des produits français. Depuis 1870, c’est le plus ancien concours alimentaire de France. Ces médailles, ce sont ces petits macarons avec une feuille de chêne dorée, argentée ou cuivrée que l’on peut trouver sur les vins, les fromages, ou le miel, par exemple.

Plus de 5400 médailles vont donc été décernées aux produits et vins cette année, dont 2000 en or, pour 35 catégories différentes. C’est un peu moins que l’an dernier, qui en comptaient 5621. Au total, moins d’un quart des produits en compétition obtient une feuille de chêne.

Qui attribue ces médailles ?

Des professionnels qui changent selon la catégorie. Producteurs, restaurateurs, membres du ministère de l’agriculture… Et des amateurs, sélectionnés sur dossier et formés. Ils représentent la moitié des jurés. Le commissariat général croule d'ailleurs sous les demandes. Cette année, ils ont reçu plus de 3000 candidatures pour 1000 places. Par tables de six, les jurés dégustent maximum sept échantillons, sans connaître l’origine, le producteur ou l’histoire du produit. Le règlement et donc les catégories changent chaque année pour s’adapter aux évolutions des produits. Cette année par exemple, les jurés ont testé les rillettes de carpe.

Quelles conséquences pour l’agriculteur qui obtient une feuille de chêne?

D’abord, un gain financier. Concernant les produits et les vins porteurs d'une feuille de chêne, les ventes augmentent en moyenne de 15 à 25% et l'affichage de ce macaron dure trois ans. Les consommateurs leur font confiance: la moitié d’entre nous a ainsi déjà acheté un produit médaillé lors de ces douze derniers mois. Attention toutefois, l’agriculteur doit tout de même payer l’étiquette qu’il appose sur ses produits (23 euros hors taxe les mille). Pour les éleveurs, obtenir une médaille est davantage synonyme d’une reconnaissance professionnelle.

Est-ce vraiment un gage de qualité pour le consommateur?

D'après le Concours général agricole, une feuille de chêne est infalsifiable. Seuls trois imprimeurs sont agréés en France. Dès la fin du concours, le commissaire général réajuste les jugements sur certains produits. Ses équipes vont ensuite contrôler les médailles dans les points de vente, à l’étranger et sur les produits exportés. Si besoin, la direction des fraudes est saisie.

Anaïs Bouitcha et X.A