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"Elle l'a trainé sur plus de 30 mètres": ce que l'on sait du drame entre un chasseur et une ourse en Ariège

Le chasseur de 70 ans, qui a "les jambes déchiquetées", a tué le plantigrade.

Le déroulé des faits est désormais connu et il fait froid dans le dos. Samedi, un chasseur et une ourse se sont faits face en Ariège, qui a laissé le premier grièvement blessé et la seconde tuée.

"Le chasseur est grièvement blessé, il a les jambes déchiquetées, le péroné cassé et l'artère fémorale touchée. L'ourse l'a traîné sur plus de 30 m et il n'a dû son salut qu'à la présence dans la battue d'une pompier volontaire qui lui a fait un point de compression", a relaté Jean-Luc Fernandez, le président de la Fédération de chasse du département.

Samedi après-midi, alors qu'une battue se déroulait sur la commune de Seix en lisière de forêt aux alentours de 1.800 m, un chasseur de 70 ans qui participait à une chasse au sanglier a été attaqué par une ourse suivie de deux oursons.

Selon les propos rapportés par les chasseurs, l'homme qui est d'abord tombé sur les oursons a été violemment attaqué par la femelle "dans son dos". "Heureusement qu'il a pu garder sa carabine et qu'il a pu se défendre", souligne Jean-Luc Fernandez précisant que le chasseur est désormais "hors de danger".

"Impossible cohabitation"

Du côté de l'association Pays de l'ours-Adet, qui oeuvre depuis 30 ans pour le retour de l'ours, qui est une espèce protégée, dans les Pyrénées, on déplore les blessures du chasseur et on attend les résultats de l'enquête judiciaire ouverte dès samedi.

"Depuis 2020, c'est le quatrième ours tué dans le massif des Pyrénées (deux en Espagne et deux en France), et les trois premiers ont été tués dans l'illégalité", affirme Sabine Matraire, la présidente de l'association.

"On demande que la lumière soit faite sur les circonstances de cet événement et aussi que cela débouche sur des formations pour les chasseurs. Il faut que l'on en tire les conséquences", a-t-elle ajouté.

Pour le président de la chambre d'agriculture de l'Ariège, Philippe Lacube, le contexte de "légitime défense" semble établi: "On se disait que ça allait arriver un jour où l'autre. Ca pose la question de la vie dans nos montagnes", dit le représentant agricole imaginant ce qui se serait "passé si cette ourse avait été en présence d'un randonneur ou d'un berger". "C'est une impossible cohabitation. Les Pyrénées, c'est trop petit et trop peuplé", affirme-t-il.

Pour les pro-ours cet "événement ne remet en aucun cas en cause la présence de l'ours": "Il est important de travailler à une meilleure information et une meilleure formation des chasseurs", soutient Mme Matraire.

La France a engagé dans les années 1990 un programme de réintroduction de plantigrades venant de Slovénie alors que la population d'ours des Pyrénées était menacée d'extinction. On estime la population actuelle à une soixantaine d'individus dans le massif pyrénéen, dont une quarantaine en Ariège, ce qui est insuffisant pour assurer la pérennité de l'espèce.

La rédaction de RMC (avec AFP)