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Et si on abandonnait les pailles en plastique? "C'est un petit geste qu'on peut tous faire"

Collecte de déchets en plastique sur une plage

Collecte de déchets en plastique sur une plage - AFP

Il n'y a pas de petit combat. Pour débarrasser les océans des déchets de plastique, certains militants livrent en France une guerre contre... les pailles en plastique. Celles-là qui sont plongées dans nos cocktails colorés et nos boissons à emporter. Aux Etats-Unis, 500 millions en sont consommées chaque jour. Quid de la France? Mounia El Kotni, présidente de l'association Bas Les Pailles, explique à RMC.fr qu'elles sont les grandes oubliées du combat contre le plastique.

Mounia El Kotni, anthropologue, est cofondatrice de l'association Bas Les Pailles, à l'origine d'une pétition pour l'interdiction des pailles en plastique. Laquelle a déjà engrangé plus de 38.000 soutiens. 

"Pendant mes études de doctorat, j'ai vécu au Mexique où j'ai entendu parler des mouvements contre l'utilisation massive du plastique. Revenue en France, j'ai voulu changer de mode de vie. Et, dans mon appartement parisien, je me suis demandé comment réduire mes déchets.

Sacs et vaisselle en plastique, mais pas les pailles

J'ai suivi de près les législations sur l'interdiction des sacs en plastique, ainsi que des cotons-tiges, qui est un nettoyeur assez typiquement français. Je me dis que si France arrive à supprimer ces bâtonnets ouatés d'ici 2020, c'est qu'elle est engagée sur le sujet. Sauf que le détail de ces ordonnances sur la fin de la vaisselle jetable, inclut les gobelets et les assiettes… mais pas les pailles en plastique. Les pailles sont un peu les oubliées de la lutte contre le plastique. Parce que c'est une habitude tellement ancrée qu'on ne la voit plus.

Aux Etats-Unis, on consomme 500 millions de pailles en plastique par jour. Si les chiffres manquent pour l'hexagone, une étude de 2016 de l'ONG Ocean Conservacy estime qu'elles sont le 5e déchet le plus ramassé sur les côtes européennes. 

"Elles sont partout"

Depuis que j'ai le prisme des pailles, j'en ramasse un jour sur deux. On ne les voit pas. Une fois qu'on commence à la voir, on remarque qu'elles sont partout. Dehors, par terre, dans le caniveaux, dans la Seine. Elles sont partout. Elles sont légères, s'envolent facilement. Nous devons faire le lien entre ce qu'on consomme et l'impact sur les océans. Elles ne sont pas recyclables, à cause de leur petite taille.

Or, on peut faire sans. Pour ceux qui ne peuvent se passer de boire leur mojito à la paille, il existe des pailles en Inox, fabriquées en France. A Paris comme à Lyon, certains bars adeptes du zéro déchet en proposent. 

Biodégradables, en carton... Des alternatives au plastique

Le coût peut être assez cher mais on peut l'inclure dans le modèle économique. Il y a des pailles en carton jetables, en bambou (ça se lave à 30°C), en verre comme ça se fait aux Etats-Unis, les pailles compostables, celles en plastique dur et finalement les pailles biodégradables.

Le fait de ne pas en mettre automatiquement dans les boissons, ça réduit de 80% leur consommation. Les commerces peuvent rentrer dans leurs frais en en utilisant moins.

On nous dit parfois qu'on ferait mieux de s'attaquer aux grandes corporations plutôt qu'aux pailles, qui semblent être un enjeu dérisoire. C'est pourtant un petit geste qu'on peut tous faire, qui vient de nous, et qui peut avoir un grand impact. C'est le principe du grain de sable."

Propos recueillis par Paul Conge