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Pollution: "Les océans ne pourront bientôt plus absorber le dioxyde de carbone émis par l'humanité"

Les "zones mortes" dans les océans, où ne subsistent plus aucune vie marine, se multiplient et représentent dorénavant 245.000 km2. En cause: la pollution industrielle qui se déverse dans la mer. Une expansion qui a des conséquences sur la vie marine et sur l'homme, explique ce mardi sur RMC Robert Calcagno, directeur de l'institut océanographique de Monaco.

Ce sont des océans où il n'y a plus de poissons, plus de coraux, même plus d'algues… plus rien. On les appelle les "zones mortes" et elles se multiplient. Elles représentent dorénavant 245.000 km2, selon une étude de l’université du Danemark du sud publiée lundi dans la revue Nature Géoscience ! Golfe du Bengale, les cotes de l'Inde, la mer Baltique, la mer de Chine… Seules les méduses arrivent à proliférer dans ces zones, où le taux d'oxygène est minime, provoquant ainsi l’asphyxie de la faune marine. En cause: le réchauffement climatique et l'utilisation des pesticides, qui se retrouvent dans la mer. La pollution industrielle et le déversement des phosphates et des nitrates issus des engrais dans les eaux de ruissellements provoquent une accumulation de matières organiques. Les algues prolifèrent et se décomposent ensuite en microbes qui consument l’oxygène.

"Les océans absorbent la moitié du dioxyde de carbone émis par l'humanité"

"Sur terre l'oxygène est indispensable à la vie, or depuis maintenant une vingtaine d'années nous observons la multiplication de ces zones sans oxygène. Ce sont les engrais et les fertilisants qui viennent saturer le système: les algues s'emballent et asphyxient totalement ces zones mortes. On l'a vu avec les algues vertes en Bretagne qui absorbent toute l'oxygène de l'eau et rendent la vie des autres poissons impossibles", explique ce mardi dans Bourdin Direct Robert Calcagno, directeur de l'institut océanographique de Monaco. "Parfois ces zones mortes sont temporaires, comme en Bretagne, mais dans ces 245.000 km2 ces zones mortes sont permanentes". 

L'expansion de ces zones mortes dans les océans peut avoir des conséquences dramatiques pour l'homme, alerte également Robert Calcagno: "Ça n'a pas que des conséquences sur ces zones-là. Les océans absorbent la moitié du dioxyde de carbone émis par l'humanité, or si les zones mortes se développent, ce rôle d'amortisseur ne pourra plus avoir lieu et l'atmosphère gardera tout le dioxyde de carbone et ce sera encore plus grave".

P. Gril avec JJ. Bourdin