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Le conseil d'Etat suspend les nouveaux arrêtés du gouvernement autorisant les chasses traditionnelles à l’aide de filets ou de cages

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Le conseil d'Etat a considéré lundi que les arrêtés pris il y a une dizaine de jours par le gouvernement et autorisant les chasses traditionnelles à l’aide de filets ou de cages, risquaient de contrevenir au droit européen.

C'est une victoire pour les écologistes et une défaite cinglante pour les chasseurs. Le conseil d'Etat, saisi en urgence par la Ligue pour la protection des oiseaux et l'association "One Voice", a considéré lundi que les arrêtés pris il y a une dizaine de jours par le gouvernement et autorisant les chasses traditionnelles à l’aide de filets ou de cages, risquaient de contrevenir au droit européen.

Des arrêtés sur les chasses traditionnelles des oiseaux avaient déjà été annulés en août par le Conseil d'Etat la plus haute juridiction administrative du pays.

Ces chasses dites "traditionnelles" sont pratiquées dans les Ardennes, la Gironde, les Landes, le Lot-et-Garonne et les Pyrénées-Atlantiques. Selon les quotas prévus par le gouvernement, 115.000 Alouettes des champs, pluviers dorés, grives et autres merles noirs pouvaient être chassés. Selon la ligue de protection des oiseaux, la LPO, l'alouette des champs a perdu 54% de ses populations depuis 1981.

"Nous sommes très heureux de la décision en référé en plus. Cela veut dire que dès demain les oiseaux sont protégés. C'est une avancée très importante car la tradition ne peut plus justifier la cruauté", assure Muriel Arnal, présidente de l'association "One Voice". "Hélas en période électorale, les chasseurs, qui font la loi en France, sont encore plus entendus. Nous devons donc nous montrer encore plus combattifs et c'est ce que nous continuions de faire".

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"Ce n'est pas en faisant 4 plants de tomates sur les toits parisiens que la LPO va nourrir la France"

Si cette décision est un soulagement pour les associations de défenses des oiseaux, pour Allain Bougrain-Duborg, président de la LPO, les mesures prises par l'exécutif restent inadmissibles: "La cour européenne de justice a considéré qu'on ne pouvait plus capturer les oiseaux de cette manière dès lors qu'on pouvait les tirer au fusil. Et pourtant, l'exécutif en France a décidé d'autoriser ces chasses traditionnelles. C'est indécent et cela n'est pas conforme au droit".

"Va-t-on jouer éternellement pour faire plaisir à quelques lobbyings jouer au chat et à la souris? Va-t-on plaider pour la mort? Pour satisfaire quelques uns? Cela n'est pas acceptable", ajoute-t-il.

À l'opposé forcément, on fait grise mine: "Ce genre de chasse a été, pendant des années, dans des années difficiles de notre histoire, un moyen de mettre de la viande dans de la soupe. Je souhaite aux Français de ne plus jamais avoir faim", déplore ce mardi matin sur RMC Alain Péréa, député LREM de l'Aude et lui-même chasseur, évoquant "un fort courant écologiste chez la population".

"Ce genre de pratiques, on va le perdre et si on le perd ce sera bien difficile. Je demanderai à la LPO de venir donner à manger à nos enfants. Ce n'est pas en faisant 4 plants de tomates sur les toits parisiens qu'ils vont nourrir la France. Cela me révolte, je suis totalement triste pour notre pays où l'intolérance est en train de prendre le pas sur le 'savoir-vivre-ensemble' et la capacité à se comprendre les uns avec les autres", ajoute-t-il.

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Alexandra Sirgeant (avec Guillaume Dussourt)