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Martinique: utilisation frauduleuse d'une molécule pour faire jaunir les bananes plantains

Une molécule "légèrement dangereuse" aurait été pulvérisée sur des bananes plantains encore vertes afin d'accélérer leur jaunissement et rendre les fruits plus attrayants.

Une enquête judiciaire a été ouverte après la découverte d'un usage frauduleux d'éthéphon, qui accélère la coloration des fruits, sur des bananes plantains commercialisées en Martinique, a annoncé jeudi le parquet de Fort-de-France.

L'enquête devra déterminer les responsabilités dans l'utilisation de ce produit interdit pour les bananes et les conséquences sanitaires pour les consommateurs et les utilisateurs de l'éthéphon, précise un communiqué conjoint du parquet et de la préfecture de la Martinique.

Cette molécule aurait été pulvérisée sur les fruits cueillis encore verts pour accélérer leur jaunissement "afin de présenter à la vente des produits plus attrayants pour le consommateur", ajoute le communiqué.

Ce phytorégulateur, utilisé pour accélérer la maturation de certains fruits, n'est autorisé en Martinique que pour la culture de l'ananas, afin d'en accélérer la floraison.

Des traces d'éthéphon ont été retrouvées sur 25 lots de bananes parmi 37 testés à différents stades de leur distribution. Les achats auprès des fournisseurs suspectés ont été immédiatement suspendus.

Un risque très élevé pour les utilisateurs

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) classe l'éthéphon comme "légèrement dangereux" et assurait dans une étude en 2015 qu'il était peu susceptible de présenter un risque de cancer pour le consommateur.

Le risque pour les utilisateurs est toutefois beaucoup plus important, car un usage non maîtrisé peut occasionner plusieurs types de symptômes tels que des brûlures de la peau, des lésions oculaires, des diarrhées, des crampes d'estomac ou l'augmentation de l'appétit.

La direction générale de la Santé, suivant un conseil de l'ANSES, préconise de ne pas consommer de bananes plantains soumises à l'application de l'éthéphon.

zLa Martinique, comme la Guadeloupe, reste marquée par le scandale du chlordécone: un pesticide utilisé dans les champs de bananes des Antilles jusqu'en 1993, provoquant une contamination importante et durable des terres et des populations.

G.D. avec AFP