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"Expliquez-nous": le climat fédère à travers le monde

Un sommet spécial de L’ONU s’ouvre ce lundi à New York en présence d’environ 60 chefs d’état dont Emmanuel Macron. La nouveauté, c’est que ce sommet va se tenir sous la pression de l'opinion publique et des manifestants.

Vendredi, on se demandait si les "gilets jaunes" allaient réussir leur rentrée et s’il fallait craindre des violences à Paris ? Résultat, les "gilets jaunes" n’ont pas réussi à se rassembler, trop de policiers pas assez de manifestants. Ils ont donc rejoint la marche pour le climat. Les blacks blocs et “les gilets jaunes les plus ultras” ont perturbé cette manifestation pendant environ une demi-heure. 

Mais ce sont les marcheurs pour le climat qui ont réussi la plus forte mobilisation. 15.000 personnes à Paris, et une manifestation qui s’est poursuivie avec un défilé festif improvisé jusqu'à très tard samedi soir. 15.000 personnes samedi donc à ajouter en plus des 10.000 lycéens qui avaient déjà défilé vendredi à Paris, et beaucoup plus dans toute la France. 

Des manifestations qui ont eu lieu dans plus 200 pays vendredi. 400.000 personnes en Australie, 250.000 à New York, un million en Allemagne dont 100.000 à Berlin. Tout cela 13 mois seulement après la première grève lycéenne du vendredi qui a eu lieu en août 2018 en Suède à l’initiative de la jeune Gretta Thunberg.

Forte mobilisation en Allemagne

Des mobilisations qui semblent porter leurs fruits. En Allemagne qui est sans doute le pays qui a le plus réuni de manifestants vendredi, la nouvelle coalition au pouvoir s’est mise d’accord pour un plan de 100 milliards d’euros pour les dix ans à venir. Dont 54 milliards dans les quatre ans pour subventionner la voiture électrique et l’isolation des maisons. L’Allemagne va également sortir du nucléaire dans les deux ans et du charbon dans les dix ans. Il lui restera le solaire l’éolien et la biomasse. 

C’est donc dans ce contexte que le secrétaire général de l’ONU a convoqué ce sommet extraordinaire pour le climat. Antonio Guterres, ancien Premier ministre portugais, se place en nouveau général en chef de la lutte pour le climat. 

Il rappelle que l’on vient de vivre les cinq années les plus chaudes de tout le temps. Et que les choses s'accélèrent avec les incendies cet été pas seulement en Amazonie, mais aussi dans le grand nord et en Afrique. Le patron de l’ONU va se comporter en maître d’école et distribuer des bons points et taper sur les doigts des mauvaises élèves. En fait, il demande surtout à tout le monde de donner des engagements chiffrés et crédibles. La question qu’il pose, c’est : comment allez-vous faire pour réduire vos émissions de gaz à effet de serre de 40% en 10 ans, comme vous vous y êtes engagé à la COP 21. Et Antonio Guterres espère obtenir des réponses, parce que dit-il, les politiques n’agissent toujours que sous la pression de leurs opinions publiques. Et il y a des pays où la pression notamment des lycéens est en train de devenir majeur.

La France, bonne élève?

Alors comment va se comporter Emmanuel Macron pour ce sommet à l’ONU. Il va se présenter comme un des leaders les plus écolos. Il va défendre le “fond vert”, un grand fond de 100 milliards décidé par la COP 21 de Paris pour aider les pays pauvres à être moins polluant. Mais sur le critère principal retenu par ce sommet à savoir la réduction des émissions, Emmanuel Macron ne sera pas en pointe, sauf surprise. 

Une majorité de pays européens voudrait que l’on passe la vitesse supérieure, pour atteindre 55% de réduction dès 2030. La France n’est pas de ce combat et la loi énergie climat ne le prévoit pas. Elle ne devrait donc pas obtenir les bons points du professeur Guterres. Mais il est vrai et on l’a vu, que la pression de la rue est moins forte chez nous que chez nos voisins européens.

Nicolas Poincaré