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Les "grandes écoles" se mobilisent aussi pour le climat

Les étudiants des "grandes écoles" sont également mobilisées pour le climat tous les vendredis et veulent mettre la pression sur leurs administrations pour modifier les programmes.

Comme tous les vendredis, des étudiants se mobilisent pour le climat à Paris et dans d'autres villes de France. Les "grandes écoles" se mobilisent également. Ils sont à HEC, Polytechnique, Sciences-Po... Et depuis plusieurs mois, ces étudiants font pression sur l'enseignement supérieur et les entreprises pour les inciter à intégrer le changement climatique à leurs priorités.

En septembre, ils ont lancé un "manifeste pour un réveil écologique", signé depuis par plus de 30.000 étudiants. L'idée est de soulever le débat dans leurs écoles auprès de leur administration pour que le développement durable soit enseigné de manière plus importante.

Sur 34 établissements du secondaire, seules 11% proposent un cours obligatoire dédié aux enjeux climat et énergie, selon un recensement établi par un groupe de réflexion spécialisé.

"Ces enjeux ne sont pas assez inclus dans le cursus obligatoire"

Signataire du manifeste et membre actif du projet Hugo est étudiant en 2e année à HEC Paris. Depuis 3 semaines il cherche à sensibiliser la direction de son établissement au développement durable et à la nécessité de l'intégrer pleinement dans le cursus scolaire.

On a retrouvé Hugo à la sortie d'un cours de finance. Avec ses amies, direction le jardin du campus qui devient lieu d'échange autour de l'écologie. Il faut convaincre les étudiants et la direction d'HEC que l'enseignement du développement durable doit devenir obligatoire.

"Il devrait être inclus dans les cours de finance, de comptabilité. Toutes les matières que l'on apprend ont une composante de développement durable. Ces enjeux ne sont pas assez inclus dans le cursus obligatoire."

"On peut faire du recyclage et changer son impact sur la planète tout en faisant du profit"

Et pourtant le développement durable est un réel atout pour les entreprises selon Hugo.

"Ce n'est pas idéaliste de penser que l'on peut faire de la réinsertion, du recyclage et changer son impact sur la planète tout en faisant du profit. Avoir une cause plus grande que simplement faire du profit ça me parle beaucoup plus."

Cette mobilisation étudiante, Bénédicte Faivre-Tavignot professeur en stratégie à l'HEC, l'observe tous les jours et estime qu'il faut repenser les programmes, un travail de longue haleine.

"Ils mettent la pression sur les entreprises en disant qu'ils n'iront pas bosser pour les entreprises qui polluent. (Pour repenser les programmes) on a besoin de toutes les parties prenantes. Enseignants, étudiants entreprises... Il faut une mobilisation générale pour aller plus loin."

Dès la rentrée prochaine, une introduction aux sujets climatiques sera rendue obligatoire en première année à HEC Paris.

Romain Poisot (avec James Abbott)