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Malgré les récentes pluies, fort risque de pénurie d'eau en Bretagne après la sécheresse de l'été

A Dinan, il ne resterait qu'un mois d'eau potable disponible pour la population. Une conséquence des sécheresses à répétition de l'été. Les quelques précipitations de ces derniers jours ne suffisent pas à combler les 13 mois de déficit de pluie dans la région.

L'eau des robinets va-t-elle cesser de couler dans les prochaines semaines dans les Côtes d'Armor ? La préfecture du département a alerté lundi sur un risque "sérieux de rupture de l'alimentation en eau potable". Il resterait entre 35 et 45 jours de réserves dans certains secteurs.

Dans la réserve d’eau du Val, la pluie qui tombe n’y changera rien. Selon Elvis Denieul, coordinateur des bassins versants de Dinan, la situation est inédite.

“Il y a quasiment un mètre d’eau en moins par rapport à la normale. On peut facilement observer une situation très critique actuellement sur le territoire qui équivaut à une situation où il manquerait un mois d’eau disponible pour la population”, explique-t-il.

Dans le centre de Dinan, Maëlle, commerçante, prend bien conscience de cette sécheresse. Alors elle modifie ses habitudes domestiques. “Moins de machines à laver, on fait attention à la douche. Pour rincer la vaisselle, l’eau, on la met ensuite dans les fleurs”, détaille-t-elle.

Un risque de pénurie dans de nombreux départements

Il ne reste que 10 semaines de réserve en eau dans la ville. De quoi inquiéter le président de l’agglomération Arnaud Lécuyer.

“Pour les habitants, ça peut conduire à des réductions de débit, des fermetures administratives, ou temporaire de service”, assure-t-il.

Plus largement, c’est toute la Bretagne qui est dans le rouge. Depuis mi-août, les quatre départements sont en crise sécheresse, le niveau d'alerte le plus élevé. Et plus généralement, les réserves d'eau sont basses un peu partout dans le pays. Les trois-quarts des départements sont toujours à ce niveau d'alerte maximal pour économiser l'eau. Parmi les plus touchés, la Lozère, le Gers, la Corrèze, la Creuse, la Haute-Vienne, l'Indre, mais aussi plus au Nord, la Haute-Saône.

Même si les pluies de ces derniers jours ont soulagé certains cours d’eau, le risque de pénurie continue de planer dans la Meuse par exemple plusieurs communes doivent toujours être approvisionnées en eau potable grâce à des citernes. D'autres départements ont décidé de garder de fortes restrictions au moins jusqu'à la mi-octobre. C'est le cas des Alpes-Maritimes où il a plu, mais 35% de moins que d'habitude pour un mois de septembre.

Lucie Rispal avec Guillaume Descours