RMC

Records de chaleur: après les canicules, les prévisions de plus en plus inquiétantes pour 2050

Il a fait 26 degrés à Biarritz un 26 octobre. Des températures dignes d'un mois de juin. Un été qui se prolonge alors que les canicules se sont multipliées ces derniers mois. Et pour les prévisionnistes, les températures dans les années futures pourraient continuer à grimper. Un phénomène non sans risque pour la santé.

Des records de chaleurs sont battus actuellement en France, au mois d’octobre. C’est agréable pour ceux qui sont en vacances, mais c’est surtout assez inquiétant. Les épisodes de températures "anormales'' se multiplient. On a eu 33 jours de canicule l’été dernier, et maintenant voici cet été indien avec, en ce moment, des températures qui ne sont pas des températures de fin octobre, mais plutôt du mois de juin.

Il faisait ce jeudi matin à 6 heures, 26 degrés à Biarritz, qu’il fera cet après-midi 29 à Tarbes. Mercredi, il faisait 28 à Dax. On était ces derniers jours souvent à 10 degrés au-dessus des normales saisonnières. Et si un épisode de douceur n’est pas une preuve du réchauffement climatique, 4, 5, ou 6 épisodes qui s'enchaînent, c’est le bien le signe que le climat est en train de changer.

48 à Nîmes en 2050?

Au point que Météo-France a revu récemment ses prévisions à long terme. En 2014, Météo France avait fait des projections sur les températures que l’on risquait d’avoir en 2050. Et pour frapper les esprits, on avait demandé à Évelyne Dhéliat de TF1 d’enregistrer un faux bulletin météo pour une période de canicule en 2050. Sauf que cette carte alarmiste, elle ressemblait à peu près à ce que l’on a connu dès cet été.

Le service des projections de Météo France a donc fait tourner ses ordinateurs et a demandé à Évelyne Dhéliat de ré-enregistrer son bulletin de science fiction en fonction des nouvelles données. Désormais, on prévoit qu’en période de canicule, à Nîmes en 2050, il fera 48 degrés plutôt que 43.

On pourra atteindre les 45 degrés dans tout le sud, mais c’est surtout sur le nord que le réchauffement sera le plus spectaculaire. On prévoyait à Brest des températures de 26 degrés, on pense maintenant qu’il fera régulièrement 37 degrés.

Des répercussions sur la santé

Au niveau mondial, les Nations unies ont estimé mercredi que les Etats ne font pas assez d'effort. Un énième cri d’alarme lancé par l'agence de l’ONU pour le climat. Les engagements des Etats sont "très loin” de répondre aux objectifs fixés pour limiter le réchauffement climatique. Une alerte lancée à deux semaines de l’ouverture de la COP26 au Caire. Les objectifs de l’accord de Paris visent à contenir nettement en dessous de deux degrés l'élévation de la température de la planète à la fin du siècle. Mais les derniers engagements pris nous placent plutôt vers 2,5 degrés.

La revue médicale britannique “The Lancet” a publié mercredi la première grande étude sur les conséquences du réchauffement climatique sur notre santé. Au cours des sept dernières années qui ont été les plus chaudes jamais enregistrées, les populations vulnérables, les plus âgées et les bébés, ont été de plus en plus longtemps soumises à des températures élevées. En Europe, notamment, l’exposition de la population aux vagues de chaleur a augmenté de 57 % en moyenne au cours des dix dernières années.

Les répercussions sur la santé sont directes, notamment l’aggravation des maladies cardio-vasculaires ou respiratoires, la détérioration du sommeil et donc de la santé mentale. La mortalité liée à la chaleur a augmenté de 68% en 20 ans. En Europe, si les tendances se maintiennent, les décès lors des vagues de chaleur pourraient doubler dans 20 ou 30 ans.

L’étude, citée par le journal Le Monde évoque encore les maladies tropicales liées à la chaleur. Le paludisme qui revient en Afrique, mais qui se développe aussi en Amérique du nord. En Europe, le climat est de plus en plus propice à la diffusion des maladies transmises par les moustiques, comme la Dengue ou le virus du Nil Occidental.

Nicolas Poincaré