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Chaleur: "Il faut abandonner l'espoir de voir les températures baisser" selon François Gémenne

Une vague de chaleur historique touche la France cette semaine. François Gémenne, membre du Giec, le groupe d'experts des Nations Unies pour le climat, rappelle ce mardi sur RMC qu'il va falloir s'habituer à ce type d'événements météorologiques car la trajectoire prise sur la planète est "irréversible".

"Ce n'est pas normal. Mais c'est la nouvelle normalité vers laquelle nous allons". La France est touchée par une des vagues de chaleurs les plus précoces de l'histoire, comme le confirme François Gémenne, auteur principal du Giec, le rapport des Nations Unies pour le climat, ce mardi dans "Apolline Matin" sur RMC et RMC Story. 37 degrès dès le 13 juin à Marseille, le thermomètre devrait même dépasser les 40°C cette semaine. "Ce sont des températures auxquelles nous allons désormais devoir nous habituer", reconnaît-il. Il rappelle également que cet épisode va être la première fois en France, hors Corse, que l'on va atteindre les 40 °C en juin.

"Le changement climatique que nous avons engagé est irréversible. Pendant toute la durée de notre existance, les températures vont continuer à monter. Ce que nous considérions jadis comme 'exceptionnel' devient la normalité. Cela veut dire qu'il faut des réponses politiques structurelles", réclame-t-il.

François Gémenne dresse la liste de ces solutions qu'il préconise. Il faut notamment selon lui planter davantage d'arbres en ville. "La végétalisation, ce n'est pas pour faire joli, cela permet de faire baisser le niveau des températures", rappelle-t-il. Il faudrait également un "vaste plan de rénovation thermique", une des priorités absolues selon lui.

"Beaucoup de mesures d'adaptation sont simples et peu coûteuses"

Mais aussi des solutions de "géo-ingénierie" à petite échelle, avec des petites manipulations artificielles du climat, par exemple peindre davantage les toîts bâtiments en blanc pour augmenter "l'effet d'albédo", car la chaleur du soleil est réfléchie par les couleurs claires et absorbée par les couleurs sombres.

"Beaucoup de mesures d'adaptation sont simples et peu coûteuses", rassure-t-il avant de se montrer moins optimiste pour l'avenir à moyen terme. "Il faut abandonner l'espoir de voir les températures baisser, du moins pas avant la fin du siècle, autour de 2100", conclut-il. En attendant ce funeste avenir, l'urgence absolue, selon François Gémenne, est de "continuer à faire tout ce qu'on peut" pour réduire les émissions de carbone.

J.A.