RMC

"Pour une fois, le lobby de la chasse n'a pas eu raison": victoire pour les défenseurs des oiseaux au Conseil d'Etat

Coincé par la douane à l'aéroport de New York avec 35 oiseaux vivants cachés sur lui

Coincé par la douane à l'aéroport de New York avec 35 oiseaux vivants cachés sur lui - afp

Le Conseil d'Etat a interdit plusieurs méthodes de chasses traditionnelles vendredi pour se mettre en conformité au droit européen.

Plusieurs méthodes de chasses traditionnelles d'oiseaux ont été interdites vendredi dernier par le Conseil d'Etat. Le juge administratif a annulé des autorisations de chasser les vanneaux huppés, pluviers dorés, alouettes des champs, grives et merles noirs à l'aide de filets ou de cages. Ses techniques jugées "illégales" car elles ne permettent pas de faire une distinction entre les espèces, ce qui n'est pas conforme au droit européen.

Des pratiques qui étaient jusque-là autorisées à titre dérogatoire dans les Ardennes et le sud-ouest de la France. Le Conseil d'Etat avait été saisi par La Ligue pour la protection des oiseaux et l'asso One Voice.

La directive européenne prévoit des dérogations "à condition d'être dûment motivée" et "qu'il n'existe pas d'autre solution satisfaisante pour capturer certains oiseaux". Mais selon le Conseil d'Etat "les autorisations ministérielles en cause" ne remplissent pas ces conditions.

"Pour une fois, le lobby de la chasse n'a pas eu raison et on est tous très contents"

Marc Giraud, porte-parole de l’association pour la protection des animaux sauvages, se félicite de cette décision du Conseil d'Etat.

"On est très contents de ce jugement, pour les chasses traditionnelles, dans ces méthodes, il y en a qui font beaucoup beaucoup souffrir. Les alouettes sont en plein effondrement de population, et eux, s'amusent à les attraper. Même pas pour se nourrir, on n'est pas à la pré-histoire, c'est un loisir. Pour une fois, le lobby de la chasse n'a pas eu raison et on est tous très contents."

"Est-ce que tout ce qui vient de la ruralité et des campagnes doit mourir?"

De son côté, Willy Schraen, président de la Fédération nationale des chasseurs, est évidemment en colère face à cette décision. Il dénonce et en appelle au gouvernement.

"C'est assez incompréhensible car ce sont des traditions de terroir assez fortes. On en appelle évidemment au Premier ministre. Jean Castex qui vient d'une région où ces pratiques sont très ancrées. Est-ce que tout ce qui vient de la ruralité et des campagnes doit mourir? Au nom de quoi? Au nom de qui?
On en marre d'être persécutés par des gens des gens à l'idéologie punitive. Mais aussi par le Conseil d'Etat qui est en train dévier un peu de ses trajectoires."

>>> A LIRE AUSSI - Le dérèglement climatique va-t-il aussi nous appauvrir? Comment nos habitudes vont être bousculées

Nicolas Traino (avec J.A.)