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Qui vote écolo? L'analyse région par région

Jérôme Fourquet, directeur de l’IFOP, a décrypté ce jeudi matin dans Bourdin direct les profils des électeurs écologistes en France.

Le vote vert monte. Europe écologie-Les Verts est dans une dynamique positive après la réussite des élections européennes. Le parti écologiste est devenue le temps de ce scrutin souvent favorable aux Verts la troisième force politique du pays.

Yannick Jadot, tête de liste, veut maintenant que l'écologie soit au pouvoir dans les prochaines années et demande la création d'une "grande force de l'écologie". Jérôme Fourquet, directeur de l’IFOP, a analysé pour la fondation Jean Jaurès les facteurs du vote écologiste et détaille ses conclusions ce jeudi matin dans Bourdin direct.

"Plus on descend en taille de commune plus le score va être faible"

"C’est d’abord un vote traditionnellement urbain. Dans les villes de plus de 200.000 habitants on est à un score de plus de 19% en moyenne. Les grandes métropoles notamment universitaires comme Nantes ou Rennes à 24%, 20% à Paris et plus on descend en taille de commune plus le score va être faible", rappelle-t-il.

On trouve tout de même des zones rurales où le vote écologiste est quand même assez important.

"Dans les zones où l’on pratique pas mal l’agriculture biologique, par exemple dans certaines communes de la Drôme où on a des scores similaires que dans les quartiers ‘bobos’ de Paris. On a aussi des vallées dans l’Ariège peuplées de néo-ruraux arrivés dans les années 70 dans lesquelles il y a des systèmes de circuits courts, d’associations d’économie sociale et solidaire."

Pourquoi les Verts sont forts dans les grandes villes ?

Le profil socio-économique des habitants des grandes villes influe également sur le vote écologiste, avec une variable en fonction niveau de diplôme et du statut social.

"Plus on est diplômé, plus on est cadre, plus le vote écolo est important avec une concurrence féroce entre LREM et EELV. Si on prend le cas de Paris et de la petite couronne, on a l’Ouest parisien (XVIe, XIIe, Neuilly, Boulogne…) traditionnellement bourgeois, qui vote très massivement LREM. Alors que l’Est parisien mais aussi ses villes de la petite ceinture où le prix de l’immobilier est en train de grimper fortement comme à Montreuil, Pantin ou aux Lilas, ce sont les Verts qui sont en pointe. Il y a donc une bataille serrée au coeur de ces grandes métropoles."

Des effets près des ZAD?

L’auteur a également regardé si là où il y avait eu des combats écologistes, ou même l’installation de ZAD, comme à Bure ou Notre-Dame-des-Landes. Y a t-il eu un impact sur le vote écologiste par la suite ?

"Ca a été vrai dans la région de Notre-Dame-des-Landes où la lutte a été longue et profonde et a également impliqué des locaux. Donc là il y a un vote écologiste important. La même chose en Alsace à Kolbsheim qui luttait contre un contournement autoroutier. Les écologistes y ont fait 45%.
Mais ce sont des exceptions. Partout ailleurs où des combats écologistes ont été menés. Donc il n’y a pas de lien automatique."

Municipales 2020 en ligne de mire

Autre fait notable, les communes contenant une centrale nucléaire, une usine automobile ou une raffinerie de pétrole sur leur territoire ne sont pas propices au vote écologiste.

"Il n’y a pas de vote vert là-bas. Il y a une forme de reconnaissance car une partie de la population bénéficie directement ou indirectement de l’activité et est donc assez peu réceptive au discours écologiste. Toutes ces communes qui vivent encore sur l’industrie et l’économie très carbonée que l’on connaît jusqu’à présent."

A voir si ces tendances se confirmeront pour les prochaines échéances électorales, avec les municipales 2020 en ligne de mire.

James Abbott