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Sécheresse: la détresse d'un éleveur, contraint de vendre la moitié de ses brebis faute d'herbe

Un éleveur du Gard a été contraint de vendre 180 de ses 400 brebis à cause de la sécheresse. En effet, avec le manque d'eau il n'y a plus d'herbe dans les champs et il doit acheter du foin pour nourrir ses bêtes. Il a ainsi dû "sacrifier" la moitié, pour sauver les autres.

C’est l’une des innombrables conséquences de la sécheresse. À cause du manque de pluie, les éleveurs ont de plus en plus de mal à nourrir leurs bêtes. Les prairies sont brûlées par le soleil et les plantes nutritives pour les animaux ne poussent plus en quantité suffisante.

Dans le Gard, un éleveur de brebis a même été contraint de mettre en vente une partie de son troupeau sur internet pour pouvoir acheter du foin en quantité suffisante. Une herbe brisée, autrement dit tellement cassante et sèche qu’elle est immangeable pour les brebis. C’est le problème qui oblige Luc Hincelin, berger-éleveur depuis plus de 30 ans, à déplacer tous les jours ses 400 bêtes.

“Des amis agriculteurs m’ont donné des champs à faire manger en pensant qu’il y avait de l’herbe, mais là, il n’y a rien. Donc on s’en va. On ne fait que ça. On change tous les jours, beaucoup plus vite que d’habitude”, explique-t-il.

"Aujourd'hui, il y a une détresse vraiment profonde des éleveurs qui se posent beaucoup de questions"

Une sécheresse exceptionnelle à laquelle s’ajoutent l’explosion du coût du transport et du foin. Au pied du mur, l’éleveur a décidé de vendre 180 brebis de son troupeau.

“J’ai décidé de vendre une partie du cheptel après avoir passé une nuit à faire les comptes. J’ai fait ça pour garder une partie de mon cheptel en l’état. Une partie de la vente des brebis va me permettre d’acheter du foin pour les autres. Je viens de commander un camion de foin, il y en a une dizaine de tonnes. L’année dernière, ça me coûtait en gros 2.000 euros, cette année, c’est 2.800 euros. Aujourd’hui sur une exploitation comme la mienne, j’ai un coût supplémentaire de charges d’environ 27.000 euros. Je n’avais jamais connu des situations comme ça”, assure-t-il.

Un quoi qu'il en coûte comme pour les restaurateurs?

Une situation qui touche de nombreux autres agriculteurs et qui risque de durer. Luc Hincelin en appelle au gouvernement.

"Aujourd'hui, on demande le 'quoi qu’il en coûte' pour les éleveurs. On a trouvé de l’argent pour les restaurateurs, on devrait réussir à trouver quelque chose pour les agriculteurs et les éleveurs. Nous, aujourd’hui, on a des besoins urgents. Il faut que le gouvernement fasse pression auprès des banques pour qu’on ait des reports de prêts qui peuvent nous aider et puis un petit coup de pouce sur les transports et tout. Mais aujourd'hui, il y a une détresse vraiment profonde des éleveurs qui se posent beaucoup de questions”, appuie-t-il.

Après 4 mois dans les champs, Luc Hincelin fera rentrer ses brebis à la ferme en septembre, soit deux mois plus tôt que d’habitude faute de pâturages pour ses bêtes.

Estelle Henry et Guillaume Descours