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Tromelin, cet îlot confetti perdu dans l'Océan Indien que la France "ne doit surtout pas céder"

Vue aérienne de l'Ile de Tromelin, dans l'Océan Indien.

Vue aérienne de l'Ile de Tromelin, dans l'Océan Indien. - Richard Bouhet - AFP

Les députés vont se prononcer le 18 janvier prochain sur la ratification d'un accord signé en 2010 qui prévoit la cession à L'Île Maurice d'une partie de la souveraineté française sur un îlot d'1km2 perdu dans l'Océan Indien: l'Île de Tromelin. Ce serait une première, contre laquelle se bat farouchement Philippe Folliot, député UDI du Tarn, qui explique pour RMC.Fr pourquoi il ne faut pas lâcher ce (pas si) minuscule bout de notre territoire.

Philippe Folliot est député UDI du Tarn et co-auteur de France-sur-Mer, un empire oublié (éd. Du Rocher). Avec les députés Gilbert Le Bris (PS) et Laurent Furst (LR), il se bat pour que l'Assemblée rejette la ratification d'un traité instaurant la cogestion de l'Île de Tromelin et de sa zone maritime avec l'Île Maurice.

"Je me bats contre la ratification d'un traité de cogestion de Tromelin avec l'Île Maurice, signé en catimini en 2010 sous Nicolas Sarkozy. Tromelin, c'est une île située dans l'océan indien à 450 km à l'est de Madagascar, à 535km au nord de la Réunion. Elle fait 1km2. Mais c'est une île française depuis toujours. Surtout, elle génère une Zone économique exclusive (ZEE, zone dans laquelle un pays exerce sa souveraineté en matière d'exploration et d'usage des ressources: pêche, pétrole, gaz…) de 280.000 km2, soit presque autant que la ZEE de la France métropolitaine, Corse comprise, qui fait 345.000 km2. Ce n'est pas neutre.

Je rappelle que la France a 11 millions de km2 de ZEE, soit le deuxième domaine maritime derrière les États-Unis. Quand on additionne la souveraineté terrestre et maritime, la France est plus étendue que la Chine. C'est un atout considérable pour notre pays. Et nous avons un devoir: protéger ce domaine maritime. En gardant le contrôle sur ces zones, nous pouvons protéger les ressources qui sont comprises dans ce domaine. Nous devons veiller à ce que ces ressources - concernant Tromelin, des réserves de thons notamment -, soient préservées ou exploitées dans des conditions qui respectent le développement durable et responsable.

"Effet domino"

C'est la première fois que la France concède à une puissance étrangère le fait d'être co-décisionnaire sur une partie du territoire national, ce n'est pas acceptable. Nous mettons le doigt dans un terrible engrenage d'abandon de la souveraineté française sur une partie de notre domaine maritime, et il va y avoir un effet domino. Ce que l'on va octroyer à l'Île Maurice, d'autres pays vont le revendiquer pour d'autres territoires. On sait que Madagascar rogne sur les Îles Éparses, avec là, des enjeux autrement plus importants puisque les ressources en hydrocarbures du canal du Mozambique sont considérées comme aussi importantes que celles de la mer du Nord. Peut-on laisser faire cela? Pourquoi refuserait-on à Madagascar ce que l'on aura octroyé à Maurice?

Un pays, son premier devoir, c'est d'assurer la souveraineté totale sur tout son territoire. C'est un enjeu pour les générations futures de sauvegarder ce potentiel. Nous devons garder la maîtrise de notre domaine maritime. L'article 1 de la Constitution dit que la République est une et indivisible, et là il sera mis à mal à travers la signature de ce traité.

"Quand un pays doute de sa souveraineté, c'est qu'il doute de lui-même"

C'est symbolique, mais quand un pays commence à douter de sa souveraineté, c'est qu'il doute de lui-même. Comparons avec l'attitude de la Chine, qui sur l'îlot de Ferry Cross, anciennement occupé par une cabane de pêcheur, a aménagé une base. Eux, ils sont sûrs d'eux-mêmes, fiers et avancent leurs pions, et nous, par lâcheté, nous les abandonnons.

Ce n'est pas la préoccupation des habitants de ma circonscription, mais par contre, tout ceux que je rencontre me disent que j'ai raison de me battre pour Tromelin. Parce qu'on ne peut pas atteindre aux droits et aux fondamentaux d'un pays comme ça, sans rien dire. J'ai d'ailleurs une intime conviction: nous allons avoir une majorité de députés qui s'opposeront in fine à ce traité".

Propos recueillis par Philippe Gril