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"C'est insuffisant": les fonctionnaires mitigés après l'annonce de la revalorisation de 3,5%

Alors que le ministère de la Fonction publique a annoncé une revalorisation du point d'indice des fonctionnaires, les syndicats regrettent que celle-ci soit inférieure au niveau de l'inflation, et dénoncent la baisse du pouvoir d'achat des agents publics.

Les fonctionnaires verront quelques euros de plus sur leur prochaine feuille de paye. Le ministère de la Fonction publique a annoncé mardi la revalorisation de 3,5% du salaire des 5,7 millions d'agents publics dès le 1er juillet. Il s'agit de la plus forte hausse depuis 37 ans, selon le ministère et elle "s'additionne" à l'augmentation moyenne de 1,5% constatée chaque année sur les salaires des fonctionnaires et contractuels.

Avec cette mesure, "plus aucun agent" ne sera rémunéré au niveau du Smic, a encore assuré le ministère, alors que la reprise de l'inflation avait précipité près de 700.000 agents dans cette situation.

Mais cette annonce a reçu un accueil mitigé chez les principaux concernés. Si les fonctionnaires saluent ce coup de pouce de l'Etat, ils estiment aussi que l'augmentation est trop faible par rapport au niveau de l'inflation, qui s'élevait en mai à 5,2% selon l'Insee.

"On sort moins, on compte beaucoup"

Pour Mehdi Louaki, qui travaille dans la fonction Publique Territoriale depuis plus de 20 ans dans le Loir et Cher, cette revalorisation de 3,5% représente 66 euros de plus par mois.

"Je vais les prendre, je ne vais pas les laisser mais c'est insuffisant. S'il m'arrive un pépin, si ma voiture tombe en panne ou autre, je n'ai pas les moyens de gérer ça, donc la crainte elle est là" a-t-il commenté au micro de RMC.

Même sentiment pour Carine Waltzer, professeure des écoles à Nice. Elle va toucher 77 euros de plus par mois, une somme loin de rattraper une décennie avec peu d'augmentations.

"Moi je pensais que j'allais avoir une carrière comme celle de mes parents, donc je ne m'attendais pas à ça. On ne fait pas tout ce qu'on aimerait faire à nos âges après toutes ces années de travail. On sort moins, on compte beaucoup, surtout en fin de mois, après 17 ans de carrière en tant que fonctionnaire de catégorie A on pourrait espérer vivre mieux que ça".

Le pouvoir d'achat des fonctionnaires en baisse

Pour Céline Verzeletti, co secrétaire générale du syndicat UFSE-CGT, le pouvoir d'achat des fonctionnaires va continuer à baisser en 2022, malgré le relèvement du point d'indice.

"Avec une hausse de 3,5% et une inflation à 5,2%, il n'y a pas besoin d'avoir fait beaucoup d'études de mathématiques pour comprendre qu'il y a encore un écart, et le pouvoir d'achat des agents va continuer à se dégrader, comme les conditions de travail" a-t-elle dénoncé.

Son syndicat demandait 10% de revalorisation, ainsi qu'une rétroactivité de cette mesure au 1er janvier. "On veut un rattrapage [des salaires, ndlr] et une indexation sur l'inflation car on sait très bien que dans les mois à venir elle va sûrement encore augmenter" a-t-elle martelé.

L'Unsa-FP a elle aussi regretté une augmentation "insuffisante" et appelé à une "clause de revoyure" avec le ministre de la Fonction publique.

La revalorisation de 3,5% du point d'indice devrait coûter 7,5 milliards d'euros à l'Etat, selon l'estimation du gouvernement.

Rémi Ink, Victor Joanin