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Camp humanitaire à Paris: "Toutes les capitales régionales devraient avoir un centre de transit"

Pierre Henry, directeur général de l'association "France terre d'asile" a salué mercredi sur RMC l'initiative de la maire de Paris de lancer la construction d'un camp humanitaire dans la capitale. Mais pour lui, des centres de transit devraient être ouverts dans chaque région.

"L'initiative de la mairie de Paris a le mérite de faire bouger les lignes." Pour Pierre Henry, directeur général de l'association France terre d'asile, l'ouverture prochaine d'un camp humanitaire à Paris est une bonne nouvelle compte tenu de la situation des migrants dans la capitale.

"Il y a urgence parce que depuis des mois, il y a des centaines de personnes réfugiées qui sont à la rue à Paris. Aujourd'hui même, il y a près de 900 personnes qui sont dans un jardin dans le 18e arrondissement et qui vivent au milieu de la crasse, des excréments", déplore-t-il.

Si l'ouverture du camp est attendue avec impatience sur le terrain, Pierre Henry reconnaît que "nul ne peut se réjouir de voir apparaître un camp humanitaire dans la capitale de la sixième puissance du monde". La création d'un camp ne va-t-elle pas pour autant inciter les migrants à rejoindre plus nombreux la capitale française? "Personne n'incite les migrants, les réfugiés à venir en France. Les réfugiés, ils sont là. Ce n'est pas les organisations humanitaires, les politiques d'accueil qui les font venir", constate Pierre Henry.

Un problème "à affronter pour les 20 prochaines années"

La guerre en Syrie, la crise libyenne sont à l'origine de la venue des migrants, poursuit-il, "c'est un problème que nous allons devoir affronter pour les 20 prochaines années". Si la réponse de la mairie de Paris répond à une "urgence", le directeur de France terre d'asile milite pour davantage de centres de transit.

"Le dimensionnement du dispositif à Paris est pour l'accueil de 14.000 personnes en préfecture annuellement, sauf qu'on est su un rythme deux fois plus important. Toutes les capitales régionales devraient avoir aujourd'hui un centre de transit qui permette aux personnes d'être identifiées et orientées vers des centres d'accueil de demandeurs d'asile", estime-t-il.

Pour lui, il est temps de "faire notre part de travail et d'accueillir ceux qui arrivent sur notre sol" et "de les faire accéder à leurs droits pour ceux qui en ont".

Carole Blanchard