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Carburants: après l'annonce des réquisitions de personnels, la CGT veut durcir le mouvement

Des grévistes et des syndicalistes de la CGT se rassemblent devant la raffinerie de pétrole d'Esso à Fos-sur-Mer, dans le sud de la France, le 11 octobre 2022

Des grévistes et des syndicalistes de la CGT se rassemblent devant la raffinerie de pétrole d'Esso à Fos-sur-Mer, dans le sud de la France, le 11 octobre 2022 - Nicolas TUCAT © 2019 AFP

La CGT n'a que très peu goûté aux annonces de réquisition de personnels de la Première ministre Élisabeth Borne, mardi soir. La centrale a décidé de boycotter les réunions à venir avec le gouvernement et appelle à durcir les mouvements de grève.

Le gouvernement a décidé de prendre les choses en main. Alors que la situation dans les pompes à essence s’enlise avec la reconduction des mouvements de grève chez Esso et TotalEnergies notamment, la Première ministre, Élisabeth Borne, a annoncé mardi soir la réquisition des personnels pour le déblocage des dépôts de carburants du groupe Esso-Exxonmobil.

Le ministère de la Transition énergétique indiquait mardi soir que les arrêtés de réquisition étaient "prêts" mais pas encore pris. Le gouvernement espère encore une reprise spontanée sans "avoir recours à des mesures de réquisition".

Mais le syndicat CGT n’a visiblement pas apprécié cette “menace” de réquisition. La centrale a décidé de réunir en urgence toutes les fédérations professionnelles à Montreuil ce mercredi après-midi, et va boycotter les réunions à venir du gouvernement.

Un renforcement du mouvement?

La CGT considère ces réquisitions comme une entrave au droit de grève, et compte les attaquer en référé devant les tribunaux. Impossible de laisser briser les piquets de grève sans réagir, explique Céline Verzeletti, qui fait partie du bureau confédéral.

“Ça nous met particulièrement en colère parce que ça ne peut pas être la réponse du gouvernement, cette réquisition, cette répression, ce déni des droits des salariés. On avait acté une semaine d’actions la semaine prochaine et bien, on va voir comment elle va prendre encore plus d’ampleur et de force dans tous les secteurs professionnels que ce soit public et privé bien évidemment”, détaille-t-elle.

Le syndicat appelle ses centaines de milliers d'adhérents à se rassembler partout en France pour soutenir les raffineurs et le droit de grève. Certains poussent même à durcir la protestation. “Si l'Etat abuse de la force de la loi pour casser des mouvements sociaux, doit-on continuer à respecter la loi?”, s'interroge le numéro 1 d'une influente fédération cégétiste.

Victor Joanin avec Guillaume Descours