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Carburants: les Hauts-de-France ouvrent les stocks stratégiques, la région tacle Olivier Véran

Alors que le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, a refusé de parler de pénurie de carburant ce mercredi, le vice-président de la région Hauts-de-France confirme ce jeudi matin sur RMC que les "stocks stratégiques" ont bien été débloqués dans la région face aux difficultés de ravitaillement que connaissent les stations.

Plus d'une station sur dix en France est privée de tout ou d’une partie de ses carburants. Une situation qui s'explique par un mouvement de grève pour les salaires au sein des raffineries TotalEnergies. Les stations Total, qui proposent en plus de la remise du gouvernement une réduction de 20 centimes par litre à la pompe, sont particulièrement touchées. Résultat, de longues files d'attente se forment parfois.

Deux mesures ont été prises mercredi dans le Nord et dans le Pas-de-Calais. D'abord, celle de prioriser l'accès à la pompe aux ambulances et aux professionnels de santé munis d’une carte professionnelle. Des stocks dits "stratégiques" ont aussi été libérés en cas de pénurie pour réapprovisionner les stations-services.

“Quand j’entends Véran dire ça, j’ai l’impression d’entendre le Véran ministre de la Santé quand il tentait de rassurer tout le monde sur les masques", tacle Franck Dhersin, vice-président de la région des Hauts-de-France, dans "Charles Matin" ce jeudi matin sur RMC.

"Dans les Hauts-de-France, on a un vrai problème pour trouver de l’essence et tous les propriétaires de voitures peuvent en attester. Depuis mercredi soir, les stocks stratégiques ont été débloqués. Donc il va falloir quelques jours, mais ça va s’améliorer pour tout le monde”, précise-t-il.

Le préfet du Nord a prévenu. En cas de dégradation de la situation, des stations-service pourraient être réquisitionnées pour les véhicules dits prioritaires.

Appel à des "comportements citoyens"

Dans la métropole lilloise, les automobilistes se précipitent dans les stations-service. Sirène en marche, Yannis, ambulancier, fait un plein d'essence par jour. “Quand il faut remplir et qu’il faut attendre 1h ou 1h30, c’est compliqué”, estime-t-il.

Et Yannis a quelques astuces en attendant que la situation revienne à la normale. “J’ai récupéré de l’essence d’un ancien véhicule qui ne roule pas actuellement. C’est vrai que c’est perturbant parce qu'on se retrouve à aller le soir pour trouver une station d’essence fonctionnelle et on perd une ou deux heures de travail en plus”, regrette-t-il.

Face à la pénurie d'essence, les dépanneurs, eux, tournent à plein régime.

“On a plus de personnes qui tombent en panne sèche. Et de par cette pénurie, les gens sont un petit peu tête en l’air, et on a une augmentation d’erreur carburant”, appuie ce dépanneur.

Dans le Pas-de-Calais, la ville d'Arras fait appel à la police pour gérer la distribution de carburant. “La police municipale et nationale travaillent de concert pour accompagner au mieux les usagers. On comprend bien que ce soit compliqué. Il faut savoir, non pas être patient, mais éviter de se précipiter et surtout en laisser pour d’autres”, pointe le maire Frédéric Leturque.

Dans un communiqué, les préfets du Nord, du Pas-de-Calais et de la Somme ont appelé au "civisme" et à un "comportement citoyen" pour assurer la satisfaction des besoins de tous.

Romain Poisot avec Guillaume Descours