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Remise supplémentaire, grèves... vers une pénurie d'essence dans les stations Total?

Depuis plusieurs semaines, les stations-service du pétrolier français Total sont prises d'assaut et l'approvisionnement a du mal à suivre. En cause, la ristourne de 20 centimes supplémentaires mise en place par le groupe et qui attire forcément beaucoup d'automobilistes.

Files d'attente interminables, carburant introuvable... Les stations TotalEnergies victimes de leur succès. Depuis plusieurs semaines, de nombreuses stations Total sont à sec dans toute la France. La raison, la ristourne supplémentaire de 20 centimes appliquée par le géant pétrolier depuis le 1er septembre dans ses stations.

Dimanche soir encore, impossible de trouver ni du diesel, ni de l'essence dans la moitié des 34 stations TotalEnergies de Paris. Plus une goutte d'essence non plus, dans les huit stations de Strasbourg et alentours, où les Allemands profitent d'un prix du carburant plus avantageux.

Un mouvement de grève dans des raffineries

Depuis le 1er septembre et la mise en place de la ristourne supplémentaire, le groupe avance une fréquentation 30% supérieure à la normale. En plus de cette ruée vers les stations-service, un mouvement de grève ralentit leur approvisionnement. Tous les sites de raffinage et de dépôts de carburant "sont encore dans la bataille" affirme un élu syndical. Les grévistes de TotalEnergies ont reconduit samedi le mouvement dans trois des cinq raffineries françaises du groupe dont La Mède, près du Havre, ou celle de Feyzin selon la CGT à l'initiative du mouvement.

Conséquence, Total doit importer du carburant depuis l'étranger. Seulement, si la grève se poursuit, l'essence pourrait continuer à manquer dans les stations Total, selon un spécialiste du raffinage.

Pour autant, la situation n'est pas absolument dramatique selon Francis Pousse, Président national de la branche distributeurs carburants et énergies nouvelles du syndicat Mobilians. Invité de "Charles Matin" sur RMC ce lundi matin, il affirme qu'il n'y a pas de risque de pénurie d'essence actuellement.

“On a des raffineries à l'arrêt, mais les 200 dépôts en France sont toujours remplis et alimentés. De plus, on a en France, comme dans tous les pays d’Europe, ce qu’on appelle des stocks stratégiques qui représentent 90 jours de stocks destinés à répondre à une crise grave. Ces stocks stratégiques peuvent être, sur injonction du gouvernement, utilisés pour remplir des dépôts où il manquerait du carburant, donc aujourd'hui il n'y a pas de risque de pénurie", assure-t-il.

Une situation de tension qui devrait s'achever le 1er novembre, date de la fin de la ristourne de 20 centimes.

Kévin Gasser avec Guillaume Descours