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Carburants: ruée sur les stations-service avant la réduction de la ristourne fixée au 15 novembre

Prolongée jusqu'au 15 novembre prochain, la ristourne initiale de 30 centimes par litre sur les carburants s’apprête à être diminuée. Un coup dur pour les automobilistes et pour les professionnels utilisant leur véhicule chaque jour.

Ces scènes avaient quelque peu disparu au cours des derniers jours… Les files d’attente dans les stations-service sont localement de retour pour profiter des dernières remises sur les carburants.

Initialement, les ristournes de 30 centimes par litre du gouvernement et celle de 20 centimes par litre de TotalEnergies devaient prendre fin au 1er novembre. Finalement, à cause des grèves d’octobre dans les raffineries et dépôts de pétrole, elles ont été prolongées jusqu’au 15 novembre. A compter de cette date, elles ne seront plus que de 10 centimes par litre.

Sans ces aides, les prix risquent à nouveau de dépasser la barre des 2€. Les usagers de la route se précipitent donc à la pompe pour profiter d’un dernier plein à prix réduit.

Dans une station de l’ouest parisien, la chaussée était bloquée vendredi en fin de journée, certains conducteurs perdant patience comme au cours de la grève massive des raffineries.

Pour Michel, retraité, il ne fallait pas manquer cette occasion avant que les prix ne grimpent mercredi. “Je ne suis pas idiot, c’est bien pour ça que je préfère venir ici. J’en ai encore, mais du coup je fais le complément”, explique-t-il, sourire aux lèvres.

TIPP flottante? Blocage des prix?

Au cours de l’émission La Matinale Weekend sur RMC, Francis Pousse, président national de la branche stations-service au syndicat Mobilians, et Bernard Crébassa, président de la fédération nationale des artisans taxis, étaient invités à donner leur point de vue sur la très probable augmentation des prix du carburant suite à la diminution du coût de la ristourne.

En affirmant que malgré “les aides mises en place lors de ces derniers temps qu’on vient de vivre, ça représente 30% d’augmentation sur notre chiffre”, Bernard Crébassa explique que “la baisse (de la ristourne) qui arrive ne va faire qu'amputer encore un peu plus nos ressources”.

Selon lui, il faudrait "peut-être revenir à une TIPP flottante pendant une période au moins, le temps de passer cette crise. Aller d’aide en aide, je ne vois pas l’intérêt, il n’y a pas de projections pour des professionnels comme nous, ni pour des personnes qui utilisent leur véhicule tous les jours. Ce n'est pas judicieux il me semble”.

Mais pour Francis Pousse, président national de la branche stations-service au syndicat Mobilians, la taxe flottante n’est pas la marche à suivre pour tenter de ramener les prix à un montant raisonnable.

“Malheureusement la TIPP flottante a déjà été essayée sous Hollande. Cela a duré trois mois, ça n’a pas marché. On a gagné un à deux centimes. La solution ultime, c’est de revenir à ce qui se passait dans les années 80, c'est-à-dire un prix du carburant bloqué, administré par l’Etat comme dans nos îles. Ce serait une solution pour avoir un prix équitable, mais on est dans une économie de marché donc ça me parait compliqué”, remarque Francis Pousse.

Alors, dans cette optique, “ce qu’il faut espérer, c’est que le coût du baril de pétrole continue de baisser. Là on a quand même une bonne nouvelle, c’est que l’Euro est en train de s’apprécier à nouveau, donc ça permet de payer un peu moins cher notre pétrole. Mais évidemment ça ne dépend pas que de la France car ce sont des marchés internationaux”, poursuit Francis Pousse.

Ce dernier rappelle enfin que la ristourne de 30 centimes d’euros par litre de carburant a coûté 8,7 milliards d’euros à l’Etat français. “Il faudra bien le payer”, avertit le cadre de l’organisation patronale Mobilians.

Antoine Martin (avec A.L.)