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Crèches People&Baby: la colère d’une maman qui doit payer 5.000 euros pour retirer son enfant

Après la mort d’un bébé dans une crèche People & Baby à Lyon en juin dernier, et des accusations de maltraitance et de négligence dans plusieurs structures, des parents veulent retirer leur enfant. Au micro de RMC, la maman d’une petite fille dénonce les conditions de résiliation très coûteuses.

Se ruiner pour retirer son bébé de la crèche... C'est la mésaventure que connaissent en ce moment certains parents qui avaient confié leur enfant au groupe People&Baby, visé par des accusations de maltraitance et de négligence dans plusieurs structures, révélées par RMC. A Lyon, fin juin, une crèche a été suspendue après la mort par empoisonnement d'un bébé. Et à Bordeaux, la semaine dernière, une crèche a été fermée pour trois mois par la préfecture à cause de "comportements inadaptés de trois professionnels encadrant des enfants". Dans ce contexte, pour certaines familles, c'est sauve-qui-peut.

Maman d’un bébé d’1 an, Alizée avait eu quelques soucis d’organisation et de manque de personnel avec sa crèche Peope&Baby. "Ça inquiète un peu, mais on ne se pose pas trop de questions", explique-t-elle au micro de RMC. Mais c’est l’affaire de Lyon qui la pousse à vouloir se désengager. "On se rend compte que c’est le même groupe que nous. Sur le coup, on flippe un peu. On est parents, on aime notre fille… On se dit que c’est peut-être un cas isolé et là on voit tout un tas d’articles sortir. Après discussion avec mon compagnon, on décide qu’on n’est plus en situation de confiance. En plus, le groupe ne communique pas. En tant que parents, on ne reçoit rien." Le 19 juillet, elle écrit à la crèche People&Baby de sa fille, pour leur annoncer qu'elle veut la retirer dès cet été.

"On leur a fait un mail, on a envoyé notre demande de résiliation, raconte Alizée à RMC. On s’est dit que ça allait marcher, qu’on voulait finir à la fin du mois, qu’ils allaient forcément trouver quelqu’un en septembre… La réponse du groupe, c’est non. C’est 90 jours et avant le 1er juin, donc on va vous retirer votre caution. C’est une caution de 2.500 euros et deux fois un Smic, puisqu’un mois à la crèche, c’est un Smic. Donc quasiment 5.000 euros."

"Les parents sont captifs"

Des conditions écrites noir sur blanc dans le contrat d'inscription: toute demande de résiliation entre le 1er juin et le 31 août n'est pas recevable et entraine des pénalités. Une injustice pour cette jeune maman, qui a engagé un avocat pour tenter de résoudre ce conflit à l'amiable. Car People&Baby est dans son droit. Dans un communiqué qu'elle nous a adressé, l'entreprise avance que les contrats en crèche sont systématiquement bloqués avant l'été pour que les places demandées soit garanties à la rentrée.

"Les parents sont captifs de ce système-là, dénonce cette maman, qui habite à Vincennes (Val-de-Marne). C’est à partir du mois de juin qu’on se pose la question du mode de garde pour l’année prochaine. Sauf que c’est le moment où on ne peut plus résilier, donc on est coincé. Partir, ça parait insurmontable. C’est une énorme somme à sortir. Ça assomme un peu. On s’est senti en colère. On a l’impression que les conditions de sorties sont faites pour que les parents soient obligés de faire les trois années. Le contrat vous est renvoyé en décembre, on vous dit que c’est maintenant qu’il faut signer pour la rentrée prochaine. On signe en se disant qu’on n’a pas encore de réponse de la mairie, qu’on n’a aucune autre réponse et qu’il nous faut un mode de garde."

"Parlez aux parents"

Au-delà de son cas personnel, Alizée reproche à People&Baby son manque de communication avec les familles. "Parlez aux parents, dites-nous ce qu’il se passe, demande-t-elle à l’entreprise. Les professionnels, on les voit tous les jours, on leur fait confiance, ils s’occupent de nos enfants. On a besoin de savoir qu’ils travaillent dans des conditions qui leur sont favorables et qui leur garantissent de bien s’occuper de nos enfants. Revoyez vos clauses de départ, parce qu’elles sont injustes et qu’elles pénalisent un certain nombre de parents qui se retrouvent prisonniers de votre structure. Et revoyez votre dialogue global avec les parents et les professionnels. Ce qui a manqué dans notre affaire, et en général, c’est un problème de discussion avec les parents."

LP avec Alfred Aurenche