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Mineurs exposés à de la pornographie sur le site Omegle: le gouvernement saisit la justice

Accessible quasiment sans contrainte, la messagerie Omegle permettant de discuter avec des inconnus expose de jeunes enfants à de la pornographie et de possibles prédateurs sexuels. Le secrétaire d'État chargé de l'Enfance, Adrien Taquet, va signaler le site à la justice, a indiqué son cabinet mercredi.

La plateforme de messagerie Omegle est dans le viseur du gouvernement. Le secrétaire d'État chargé de l'Enfance, Adrien Taquet, a indiqué mercredi qu'il allait signaler à la justice des faits d'exposition des mineurs à la pornographie et à la pédocriminalité sur cette plateforme américaine très prisée par les collégiens.

Ce site web américain de messagerie instantanée anonyme permet à des inconnus de discuter via caméra interposée. Problème, alors qu'il est fréquenté par des dizaines d'enfants et d'adolescents, le site est aussi courtisé par les exhibitionnistes.

Étonné de lire dans la presse qu’Omegle était un site à risque et pour autant très accessible, Aydan, bientôt 30 ans, s’est inquiété. Il a cinq frères et sœurs et la plupart sont adolescents.

“Je me suis dit que j’allais aller voir par moi-même. C’est chaud parce qu’en 10 minutes, j’ai vu une quarantaine de vieux mecs à poil. C’est horrible. J’ai demandé à ma sœur si elle y avait déjà été, elle m’a dit que oui, mais qu’elle n’y va plus parce que justement, c’est soit des insultes, soit du harcèlement”, détaille-t-il.

Omegle est un espace de discussion virtuel, les interlocuteurs apparaissent de manière aléatoire. Ces échanges en temps réel sont parfois des occasions de manipulation, d’usurpation et de perversion.

“Je pense qu’il faut vraiment dire aux parents de sensibiliser les enfants. Il faut qu’ils aient conscience du danger. Il faut qu’ils aient le réflexe d’appeler les parents quand ils ont été confrontés à des contenus qui n’étaient pas adaptés par ce qu’ils auraient peut-être bravé l’interdit”, explique Samuel Comblé, directeur des opérations de l'Association e-Enfance.

Autre problématique, le site passe au travers du contrôle parental, car il n’ est pas dans la catégorie des sites pornographiques. Le site demande aux utilisateurs de confirmer qu'il a plus de 13 ans, sans pour autant le vérifier. Ensuite l’espace de discussion virtuel s’ouvre, les interlocuteurs apparaissent de manière aléatoire.

Bettina de Guglielmo avec Guillaume Descours