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Bipers à l'école pour prévenir la police: "Je ne sais même pas si on aura la spontanéité d'appuyer sur le bouton"

A AIx-en-Provence, les enseignants sont désormais munis d'un biper pour alerter la police en cas d'intrusion à l'école (illustration)

A AIx-en-Provence, les enseignants sont désormais munis d'un biper pour alerter la police en cas d'intrusion à l'école (illustration) - AFP

REPORTAGE – Depuis une dizaine de jours, à Aix-en-Provence, les enseignants ont des bipers d’alarme pour prévenir la police en cas d'intrusion. La mairie a en effet équipé ses 74 écoles primaires et maternelles de 800 bipers anti-intrusion. Exemple à l'école Henri Wallon. .

C’est un petit boîtier ovale, de couleur grise, avec un large bouton orange et directement relié à une alarme dans l’établissement, ainsi qu’à la Police municipale, elle-même en lien avec la police nationale. Depuis une dizaine de jours, la mairie d'Aix-en-Provence a équipé toutes les écoles de la ville de ce dispositif permettant de lutter contre les intrusions, les attaques terroristes, mais pas uniquement. Un petit boîtier que Nadine, enseignante en classe de CP à l'école Henri-Wallon, trouve plus pratique de porter autour du cou.

"Toujours rassurant de savoir que son enfant est protégé"

"Ça ne me dérange pas de le porter. Avant, il fallait que l'on siffle. On a eu des sifflets jaunes pour la sécurité, rappelle-t-elle. On a aussi eu la corne de brume, qu'il fallait aller chercher dans son bureau et souffler dedans. Mais je préfère autant ce boîtier". Et d'ajouter: "Ce qui m'ennuie le plus ce sont les terroristes, ce n'est pas tellement de porter le collier".

Du côté des parents d’élèves, l’accueil est aussi plutôt positif même si certains se posent quand même des questions, à l’image de Fanny: "C'est bien dans la mesure où c'est toujours rassurant de savoir que son enfant est protégé, dans des conditions optimales même si le risque zéro n'existe pas. Mais il y a aussi cette espèce de psychose sécuritaire autour du terrorisme et on ne sait pas du tout jusqu'où ça va aller".

"Des parents nous ont demandé d'installer des murs de 10 mètres"

Alors surenchère sécuritaire ou mesure de circonstance? Réponse de l’adjointe au maire d’Aix-en-Provence, en charge de l’Education, Brigitte Devesa: "On n'est pas dans la surenchère sécuritaire, assure-t-elle. Au quotidien, des parents nous ont demandé d'installer des murs de 10 mètres, avec des miradors. Là, on serait dans la surenchère. L'école doit être accessible à tous mais, dès lors que nous sommes en alerte attentat, il faut pouvoir sécuriser de manière normale, sans penser trop sécuritaire, nos enfants mais aussi nos enseignants".

"Surenchère sécuritaire? Peut-être un peu, estime de son côté Patricia, enseignante dans une école de la ville. Utile? J'espère effectivement ne pas avoir à le manipuler et na pas avoir à l'utiliser. Maintenant, on fait avec, il fait partie de notre quotidien. Mais, en cas d'intrusion, je ne sais même pas si on aura la spontanéité d'appuyer sur le bouton. On partira peut-être à l'extérieur ou on se cachera peut-être avec nos élèves, ce qui sont d'abord les instructions officielles nationales et non les décisions de la mairie". Un premier bilan du dispositif sera tiré par la mairie d’Aix-en-Provence après les vacances de la Toussaint.

M.R avec Lionel Dian