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Exercices "attentat intrusion" à l'école: "Ca évite aux enfants d'être en panique au moment où ça arrive"

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TÉMOIGNAGES - Les ministères de l'Intérieur et de l'Education ont donné des instructions pour généraliser des exercices "attentat intrusion" dans les écoles, afin de mieux préparer élèves et professeurs à la menace terroriste. Une idée qui semble rassurer les parents.

Les ministères de l'Intérieur et de l'Education veulent donner "la priorité absolue" à la sécurité des établissements scolaires face à la menace terroriste. Dans un texte transmis aux préfets et aux recteurs, signé le 29 juillet et consulté par l'AFP, Bernard Cazeneuve et Najat Vallaud-Belkacem prévoient plusieurs mesures dans les écoles notamment une formation aux gestes qui sauvent pour les élèves de troisième ainsi que la généralisation d'exercices "attentat intrusion". Certaines écoles, comme celle de Sarah, 10 ans avaient déjà testé un tel dispositif. La petite fille se souvient très bien de son premier exercice de confinement en décembre dernier.

"La maîtresse met les tables contre la porte et on se met par terre. Chut il faut se taire, il faut pas bouger. La maîtresse nous a dit que c'était pour s'entraîner au cas où il y a un attentat à l'école. Les CP et les CE1 avaient peur, moi je savais que c'était faux", se souvient Sarah. 

"Il ne faut pas non plus que ça devienne une psychose"

Karim, son papa n'était pas au courant de l'exercice, mais il approuve l'initiative, même s'il espère que cela n'angoissera pas les enfants. "Ca leur évite d'être en panique au moment où ça peut arriver réellement. Après il ne faut pas non plus que ça devienne une psychose, il ne faut pas non plus que ça perturbe les enfants", espère ce papa. Même constat pour Maxime, père de deux enfants. Si pour lui l'idée est bonne, il faut toutefois faire attention à ne pas faire peur aux enfants.

"Il faut trouver le bon équilibre, se préparer mais pas non plus vivre dans un climat difficile. Qu'ils puissent se dire quand même qu'en présence de leurs professeurs ils sont en sécurité et qu'ils puissent oublier un peu tout ce quotidien triste, sachant que l'école doit rester un endroit sacré, protégé et d'insouciance", considère-t-il.

Si la mesure vise à permettre aux professeurs et aux élèves de mieux réagir en cas d'attaque, certains parents pensent que le dispositif aura aussi des effets bénéfiques sur eux-mêmes. Jean-Noël, papa d'une future CM2 à la rentrée est rassuré par le dispositif engagé. 

"Quand nos enfants sont à l'école et qu'il se passe quelque chose dans le secteur, je pense que ça doit être terrible, on ne sait pas quoi faire. Le premier réflexe c'est de foncer à l'école pour récupérer notre enfant, c'est souvent pas ça qu'il faut faire. Justement peut-être qu'en ayant ce genre d'exercices, on peut avoir des consignes qui permettront aux parents d'être rassurés, aux enfants d'être en sécurité et que tout se passe bien", croit ce père de famille. 

Acquérir des réflexes pour faire face à l'émotion et au stress

L'idée est aussi saluée par les chefs d'établissements comme Michel Richard, proviseur à Versailles et secrétaire général adjoint du SNPDEN, principal syndicat des chefs d'établissements. Pour lui, l'essentiel est surtout de ne pas affoler les collégiens.

"Il faut éviter à tout prix dans ces exercices d'avoir des comportements qui sont de nature anxiogène et de nature à terroriser les ados qui fréquentent nos établissements. Il faut au contraire multiplier les exercices pour que malheureusement si un jour il se produit un événement grave les réflexes acquis lors de ces exercices l'emportent sur l'émotion, le stress et l'inquiétude", explique-t-il. 

Trois exercices doivent être organisés durant l'année scolaire dont l'un portant sur un scénario d'intrusion, les autres relevant de la sécurité au sens large. Les premiers exercices devront avoir lieu avant la Toussaint. 

C. B avec Marion Dubreuil