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Dans un uniforme, on ressent un sentiment d'appartenance à une école

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Dimanche, Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Éducation nationale, a assuré vouloir laisser le choix aux écoles sur le port de l'uniforme. En France, des écoles privées mais également quelques communes, se tournent vers le port obligatoire d'uniformes modernes. Pour Karine Peyre de Fabrègues, la fondatrice d'une entreprise de confection et vente d'uniformes, l'uniforme permet de développer le sentiment d'appartenance à un établissement.

Ancienne styliste, Karine Peyre de Fabrègues a ouvert en 2006 une entreprise de textile, 'Blouses & tabliers', dédiée à la confection de blouses et tabliers d'uniformes scolaires. 

"Cela fait une dizaine d'années que je me suis lancée dans cette activité de blouses d'écoliers. Je travaillais déjà dans le textile auparavant. J'ai constaté que depuis 3-4 ans, nous avons de plus en plus d'écoles qui nous appellent pour s'équiper d'uniformes. Nous fournissons aux écoles un même modèle de blouses à tous les enfants, décliné avec des couleurs en fonction des niveaux. Nous essayons de faire du moderne. On essaie de sortir de l'uniforme anglais avec chemises et blazers, en sortant des polaires, des sweats et des polos.

Dans un premier temps, on fournissait surtout des écoles privées sur l'ensemble du territoire. On a été par la suite approché par des communes qui souhaitaient instaurer la blouse pour tous leurs élèves. On travaillait tout d'abord avec des écoles maternelles et des écoles élémentaires, et là nous commençons à travailler avec des collèges. Pour les collèges, nous proposons moins des blouses que des polos ou des polaires.

Concernant la vente, il y a plusieurs cas de figure: soit les écoles les achètent et les revendent aux parents d'élèves, soit les écoles les achètent et les mettent à disposition des parents. Et enfin, il y a les écoles qui ne s'embêtent plus et nous mettent directement en relation avec les parents d'élèves. Dans ce cas là nous mettons en ligne un espace privé sur notre site et les parents viennent directement acheter les vêtements demandés.

"On ressent un sentiment d'appartenance à une école, un établissement"

Personnellement, ce que je mets en avant dans l'uniforme, c'est le côté pratique. Pour les enfants déjà, qui ont tendance à se salir. De plus, comme la majorité des vêtements qu'ils portent sont des vêtements d'importation qui ne sont pas d'une qualité exceptionnelle, cela permet de les protéger. Pour des vêtements qui tiennent deux mois par exemple, cela permet de rallonger leur durée de vie.

Il y a aussi le sentiment d'appartenance à un groupe. Personnellement, je pense que si l'on rentre dans un uniforme, on ressent un sentiment d'appartenance à une école, un établissement. Quand les enfants mettent leur blouse le matin, ils rentrent dans la peau d'un écolier. C'est comme un vêtement de travail en fait. La plupart des catégories socio-professionnelles ont des vêtements de travail. L'enfant lui, rentre dans la peau d'un écolier et quand il enlève sa blouse, il sort de cette peau et redevient un enfant.

"Ce que je met en avant c'est le côté pratique"

Au départ, les parents d'élèves et les instituteurs sont contre. Après on a d'abord le retour des enfants qui sont super contents. Et les parents d'élèves qui se disent que finalement, c'est pas plus mal parce que en terme d'entretien, d'écologie et d'éthique c'est bien. Si en plus c'est du 'Made in France' comme nous, c'est le gros lot! C'est une sacrée aide pour les parents, même si j'entends que des gens soit contre. J'étais styliste donc l'uniformité ce n'est pas ce que je préfère, mais maintenant je trouve que c'est un produit intelligent.

Je ne mets pas en avant le fait de niveler les différences sociales, vu que ça peut se mesurer aux baskets, à une paire de lunettes, à d'autres objets portés par les écoliers. Ce que je met en avant, c'est le côté pratique et le sentiment d'appartenance."

Propos recueillis par G.D.