RMC

"Notre responsabilité d'enseignant doit être plus forte que la peur": les profs toujours déterminés à évoquer les caricatures en classe

Après l'attaque de Conflans-Sainte-Honorine, les enseignants assurent vouloir continuer à évoquer les caricatures et la liberté d'expression en classe.

C'est censé être un court de débat, d'échange, d'éducation à la vie citoyenne : le cours d'éducation civique. C'est celui donné par Samuel Patti, qui aurait donc provoqué l'acte terroriste dont il a été victime. Un cours dans lequel ce professeur d'histoire géographie a montré certaines caricatures de Mahomet, pour évoquer la liberté d'expression, la liberté de la presse. Ce cours d'éveil à la liberté d'expression, fait partie du programme scolaire, les enseignants ont ensuite leur liberté pédagogique pour l'enseigner.

Dans quelle ambiance, avec quel état d'esprit ces professeurs vont-ils continuer leur enseignement après le choc provoqué par l’attaque de vendredi ? "Sachant qu’il enseigne la même discipline que moi et qu’on a des âges similaires, je me suis senti blessé", explique à RMC Maxime qui enseigne l'histoire-géographie en Bourgogne depuis une trentaine d'années. Le prof s'est déjà imaginé devant sa classe, dans les prochaines semaines, abordant le thème de la liberté d'expression : "J’aurais probablement la gorge serrée, le cœur qui va battre à 200 à l’heure. Mais nous avons une responsabilité en tant qu’enseignant qui doit être plus forte que la peur".

"Nos enseignants continueront à éveiller l'esprit critique des citoyens de la République"

Inquiet mais en mission disent de nombreux professeur, certains ne transigeront pas: "Cela va m’obliger à renforcer cette thématique-là", explique Fabrice qui enseigne lui aussi l'histoire-géographie, du côté de Nice. Et il a déjà utilisé les caricatures de Charlie Hebdo lors de cours d'éducation civique: "Les caricatures si on les utilise c’est vraiment pour mettre les élèves en position de débattre, de réfléchir, de voir ce qu'est une opinion. On ne va pas renoncer on est là pour aider les enfants à grandir".

Car cette mission d'éveiller les consciences, de susciter le débat, c'est une passion pour beaucoup de ces professeurs. Bien plus que l'enseignement magistral, et c'est aussi pour cela que malgré les craintes, ils n'y renonceront pas. "Nos enseignants continueront à éveiller l'esprit critique des citoyens de la République, à les émanciper de tous les totalitarismes et de tous les obscurantismes" a affirmé samedi le Premier Ministre Jean Castex face aux syndicats d'enseignants.

Thomas Chupin (avec Guillaume Dussourt)