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Tony, battu à mort par son beau-père: un voisin mis en examen pour "non dénonciation de mauvais traitements"

C'est une information RMC. Un an et demi après la mort du petit Tony, tombé sous les coups de son beau-père à Reims, un voisin est mis en examen pour "non dénonciation de mauvais traitements sur mineur".

S'il avait dénoncé les faits à la police, le petit Tony serait peut-être encore en vie. Un an et demi après la mort de Tony à Reims, un voisin a été mis en examen en février pour "non dénonciation de mauvais traitements sur mineur". Il encourt trois ans de prison et 45.000 euros d'amende. Le 26 novembre 2016, Tony, 3 ans, est mort sous les coups de son beau-père. L'enquête a établi qu'il subissait des violences depuis au moins deux mois. Certains voisins étaient au courant mais n'ont jamais fait de signalement. Le procureur de la république avait à l'époque publiquement déploré l'inaction des voisins sans laquelle l'enfant aurait pu survivre. Trois voisins proches au moins pouvaient avoir connaissance des violences subies par le petit Tony. Finalement, le juge d'instruction n'en a convoqué qu'un seul courant février pour qu’il soit mis en examen.

"On entendait le beau-père crier sur le petit"

Ce voisin n'a jamais été témoin visuel de violences sur Tony. Mais pendant deux mois, il a entendu des scènes de violences répétées dans l'appartement au-dessus du sien. "Très souvent, vers 7h du matin on entendait le beau-père crier sur le petit. Il disait: 'Je te mets ta gueule dans la pisse', a-t-il raconté à la police. Puis des coups et le petit qui pleurait". A la question "vous sentiez donc que Tony était maltraité", ce voisin avait répondu "oui". Mais il n'est jamais intervenu. Par peur des représailles avait-il avancé. Car le beau-père l'intimidait.

RMC avait rencontré ce voisin trois jours après la mort de Tony. Il était sous le choc. Il regrettait de ne pas être intervenu. "Tous les matins il frappait sur le petit parce qu'il avait fait pipi au lit. On l'entendait. Maintenant il est trop tard. Le soir même je n'ai pas dormi de la nuit. Je suis le choc. On est tous responsables. On n'aurait pas pu faire grand-chose mais on aurait pu faire plus".

Pas de dénonciation auprès du bailleur non plus

Pourtant, ce voisin n'avait pas hésité 15 jours avant le drame à sonner avec un voisin à son domicile pour se plaindre du tapage. Pour masquer son inaction, il avait prétendu auprès des policiers avoir dénoncé les faits de maltraitances auprès de leur bailleur. Ce que l'organisme de logement avait démenti.

Il est aujourd'hui mis en examen pour non dénonciation de mauvais traitement sur mineur. L'enjeu pour la justice, explique une source proche du dossier, c'est de rappeler que "parler c'est sauver des vies. Se taire c'est s'exposer à des poursuites pénales". Les associations de défense des enfants le disent également: signaler les cas de maltraitance, "ce n’est pas de la délation, c’est sauver un enfant qui risque de mourir".

P. G. avec Marion Dubreuil