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Plan prison: "Tant qu'il n'y aura pas de places en prison, ça ne marchera pas"

Emmanuel Macron a annoncé ce mardi les mesures visant à réformer le système carcéral. Les peines de prison courtes devraient être aménagées tandis que les peines supérieures à un an devront être aussitôt exécutées.

Ce mardi, Emmanuel Macron a dévoilé à Agen une profonde réforme du système des peines de prison. Les peines de prison courtes seront proscrites au profit de peines alternatives. En revanche, le chef de l'Etat veut qu'une peine de prison de plus d'un an soit effectivement et aussitôt exécutée.

Mais pour la GG et avocate Marie-Anne Soubré, le problème est ailleurs: "Je crois qu'on est sur des idées philosophiques qui se heurtent à ce qu'on appelle le principe de réalité. La première priorité si on veut exécuter les peines de plus d'un an, c'est d'avoir de la place dans les prisons. Et il n'y a aucune place".

"Une prison ne se construit pas en un jour"

L'avocate rappelle que les aménagements de peine étendus par Rachida Dati avaient été décidés car "il n'y avait plus de place dans les prisons". "Au-delà de la philosophie, quand tu condamnes des gens, mais que tu ne sais pas où tu vas les enfermer, tu es obligé d'aménager. Donc aujourd'hui, Emmanuel Macron peut faire toutes les annonces qu'il veut tant qu'il n'y aura pas de place en prison pour exécuter les peines, ça ne marchera pas", estime la GG.

Si le gouvernement a promis 15.000 nouvelles places, Marie-Anne Soubré pointe du doigt le fait que ces constructions prendront du temps: "On passe par les marchés publics, donc ça veut dire des appels d'offres… Une prison ne se construit pas en un jour".

P.B.