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Frais bancaires: "Se faire 2.500 euros sur le dos de ceux qui n'ont rien, c'est facile!"

Le ministre de l'Economie a plaidé ce mardi pour un plafonnement à 200 euros des frais bancaires pour les personnes en situation de fragilité bancaire. Car les banques se montrent frileuses à généraliser une offre méconnue qui existe déjà pour les plus fragiles financièrement.

Faut-il plafonner les frais bancaires pour les plus fragiles? Pour le ministre de l'Économie Bruno Le Maire, un plafonnement des frais à 200 euros serait "légitime" pour les personnes en situation de fragilité financière. Car il existe déjà une offre spécifique dédiée aux clients fragiles: 3 euros par mois maximum, pour une carte de paiement à autorisation systématique, des virements et des chèques limités.

Une offre très peu utilisée: sur les 3,6 millions de personnes en situation de fragilité financière, seules 10% bénéficiaient de l'offre spécifique. Ce que déplore, Fabien Toqué de l'Union des familles de France. "Les banques ne diffusent pas cette offre car elle est trop peu rentable. Elles disent que cette offre n'a pas vocation à être diffusée massivement. Elles disent: 'nous sommes un commerce, nous devons gagner de l'argent'. Alors bien souvent cette offre passe à la trappe".

"Nous sommes un commerce, nous devons gagner de l'argent"

Pourtant cette offre méconnue aurait pu servir à ce couple de Nantes que RMC a contacté. Du jour au lendemain Céline et son conjoint perdent leurs emplois et sont contraints de vivre à découvert. "On a notre banquier régulièrement au téléphone qui nous dit qu'il n'a pas de solution pour nous, qu'il ne peut rien faire, que notre découvert est trop important pour nous aider".

Pire, les frais bancaires s'accumulent alors que le couple gagne à peine 1.000 euros par mois. "En un an il y a eu quand même 2.500 euros de frais prélevés sur nos comptes. Ne serait-ce qu'un courrier il vous l'envoient pour 14 euros. C'est aberrant, 14 euros cela nous permettrait de faire un repas. Se faire 2.500 euros sur le dos de ceux qui n'ont rien, c'est facile!".

P. G. avec Jean-Baptiste Bourgeon