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Hypnose, électrochocs, exorcisme l'homosexualité: que risquent les organisateurs des "thérapies de conversion"?

L'assemblée nationale a adopté le budget de crise du gouvernement

L'assemblée nationale a adopté le budget de crise du gouvernement - Ludovic MARIN - AFP

Les thérapies de conversion prétendent modifier l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d’une personne par des séances d'hypnose, d'électrochocs, d'exorcisme, ou encore par la prise d'hormone.

Les députés ont adopté mardi soir en première lecture une proposition de loi visant à interdire les thérapies de conversion. Ces pratiques qui prétendent modifier l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d’une personne par des séances d'hypnose, d'électrochocs, d'exorcisme, ou encore par la prise d'hormone.

Le texte prévoit un délit spécifique contre ceux qui prétendent "guérir" des personnes homosexuelles ou transgenres. Les individus se rendant coupables de "pratiques, comportement ou propos répétés visant à modifier ou réprimer l’orientation sexuelle" risqueront désormais deux ans de prison et 30.000 euros d’amende.

En cas de circonstance aggravante, si la victime est mineure par exemple, la sanction pourra être portée à 3 ans d’emprisonnement et 45.000 euros d’amende.

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Une dizaine de cas par mois?

Venues des Etats-Unis, ces soi-disant traitements par l’hypnose voir des électrochocs et même des séances d’exorcisme, sont difficilement quantifiables en France. Mais l’association d’aide aux victimes LGBT, "Le Refuge", assure recevoir une dizaine d’appels par mois à ce sujet.

Promesse du gouvernement maintes fois repoussée, le texte doit encore passer l’épreuve du Sénat, en vue d’une adoption avant fin février prochain, date à laquelle le Parlement achève ses travaux en raison de l’élection présidentielle.

De tels actes peuvent déjà tomber sous le coup de la loi, via les violences volontaires, l'abus de faiblesse, l'exercice illégal de la médecine, le harcèlement ou la discrimination, mais il n'existe pas de délit spécifique. En Europe, Malte et l'Allemagne ont déjà interdit ces "thérapies".

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Julien Coudrot (avec Guillaume Dussourt)