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"Il faut une mobilisation de tous": l'appel de la fondation Abbé Pierre pour les SDF face à la vague de froid polaire

Selon Christophe Robert, le déclanchement du plan grand froid a permis l'ouverture de 4000 places d'hébergement rien qu'en Île-de-France. Mais il en faudrait encore plus selon lui.

Le froid s’est invité en France. 31 départements du Nord du pays, de Brest à Strasbourg, sont en vigilance orange neige-verglas.

Une vague de froid qui inquiète notamment les personnes sans-abris. 

“Il y a des plans grands froids qui ont été lancés dans certains départements d’Île-de-France, dans les Hauts-de-France. Cela a permis par exemple en Île-de-France l’ouverture de 400 nouvelles places d'accueil, mais on sait très bien qu’il y a beaucoup de monde qui reste coincé au portillon, sans solution”, explique Christophe Robert, délégué général de la fondation Abbé Pierrre.

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Selon lui, il faut pouvoir encore trouver des solutions pour héberger les personnes à la rue. “Ça peut être des hôtels, des auberges de jeunesse, des bâtiments publics. Il faut aussi multiplier les maraudes, il ne faut pas laisser ces gens dans cette situation-là. 

Mais là où il y a une inquiétude, c’est que le fait d’avoir déjà fait beaucoup d’efforts ces derniers mois risque de limiter la capacité d’ouverture. Mais il reste toujours de la marge et face à des enjeux vitaux comme cela, il faut ouvrir toutes les possibilités. Il faut une mobilisation de tous”, affirme-t-il.

Forte mobilisation des associations

Il dresse également le tableau d’une situation inquiétante qui n’évolue pas dans le bon sens depuis plusieurs années. 

“Le nombre de personnes sans domicile en France a doublé depuis 2012. Ce ne sont pas que des sans-abris, ce sont aussi des gens qui sont dans les hôtels sociaux. On a fait beaucoup d’efforts pendant le confinement pour mettre à l'abri des personnes sans domicile, mais on sait que dans les grandes villes, il y a environ 2000 personnes qui appellent le 115 et qui n’ont aucune solution au bout du téléphone, et ça, c’est inacceptable. Il faut une mobilisation de tous les préfets, des élus locaux, des associations pour ouvrir toutes les places possibles et dans la foulée comprendre pourquoi ces personnes sont à la rue et les accompagner vers des solutions plus durables”, appuie-t-il.

Malgré la bonne mobilisation des associations, il estime que la crise sanitaire n’a rien arrangé à la situation. 

“On voit tellement de personnes qui ont des difficultés pour s’alimenter convenablement, se soigner convenablement ou tout simplement perdre leur logement, donc on est dans une période de grande turbulence et de grande fragilité. Et donc on a besoin de demander au gouvernement des protections particulières, c’est-à-dire des protections pour que les gens puissent rester dans leur logement, des moyens aussi pour aider les personnes à payer leur chauffage”, indique-t-il.
Guillaume Descours