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Journée de grève nationale: "C'est ma première manifestation et je ne suis pas syndiquée"

Journée de grève nationale, ce jeudi. Face à l'inflation, CGT, FSU et Solidaires appellent à la mobilisation et au moins 200 lieux de rassemblements sont prévus. Dans les transports, l'impact devrait être limité. Pour certains, faire grève est nécessaire, tant le quotidien est devenu difficile.

La mobilisation sera-t-elle au rendez-vous? C'est la question alors que commence une journée de grève nationale en France, à l'appel de la CGT, FSU, Solidaires et plusieurs organisations de jeunesse. Plus de 200 lieux de rassemblement sont prévus à travers le pays, ce jeudi, avec un mot d'ordre: "Augmentez les salaires, pas l'âge de départ à la retraite".

"On se bat partout en France pour les salaires, et se rajoute la question des retraites, donc il y a une bonne dynamique", estime un haut responsable de la CGT.

Quel impact dans les transports?

Dans les transports, l'impact devrait être plus limité. En Île-de-France , la RATP prévoit de faibles perturbations sur son réseau. Du côté de la SNCF, les premières remontées sont rassurantes, selon les mots d'une association d'usagers.

"Il faut dire qu'avec l'inflation, faire grève coûte très cher", explique le numéro 1 d'un syndicat de cheminots. À cela, s'ajoute le fait que les autres confédérations syndicales n'ont, elles, pas appelé à faire grève.

Pourtant, malgré le coût, pour certains la situation impose d'aller manifester. "Je n'ai jamais fait grève de ma vie, c'est la première fois que je vois qu'il faut bouger. C'est ma première manifestation et je ne suis pas syndiquée", affirme Brigitte, 59 ans, agent dans la restauration collective.

"Il faut que je fasse des sacrifices"

Entre l'inflation et les salaires qui n'augmentent pas, le quotidien est devenu difficile. "Avec 1.300 euros, c'est trop juste, on n'y arrive pas". 800 euros de loyer, 200 euros pour les charges (eau, gaz, électricité, assurance, essence), 300 euros pour l’alimentation, il n'y a plus aucune place pour les plaisirs. "Il faut que je fasse des sacrifices, sur le coiffeur, sur les restaurants, que je ne peux pas m'offrir", déplore-t-elle.

À Paris, le cortège partira à 14h de la place Denfert-Rochereau, en direction de Bastille. D'après le ministère de l'Intérieur, entre 3.000 et 6.000 personnes sont attendues.

Cette journée est seulement une étape, assure Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT. La réforme des retraites pourrait rassembler plus largement.

Victor Joanin et Jean-Wilfrid Forquès