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"La pénurie est là, elle va s'accélérer": chez Total, la colère ne redescend pas au 3e jour de grève

Troisième jour de grève dans les raffineries françaises du groupe Total, ce jeudi. La CGT réclame, notamment, une revalorisation salariale à hauteur de 10% pour l'année 2022. Timing particulier, Total a annoncé, mercredi, verser un acompte de plus de 2 milliards et demi d'euros pour ses actionnaires.

La colère ne redescend pas chez les salariés des raffineries françaises du groupe Total. Ce jeudi marque le troisième jour de grève, avec toujours le même objectif: revalorisation salariale à hauteur de 10%, dégel des embauches en France et la création d'un plan massif d'investissements dans l'Hexagone.

C'est aussi une journée de mobilisation dans tout le pays, avec un appel à la grève lancé par plusieurs syndicats.

Timing particulier, mercredi, le groupe a annoncé qu'il allait verser un acompte de plus de deux milliards et demi d'euros pour ses actionnaires.

Près du Havre (Seine-Maritime), la plus importante raffinerie Total de France a dû commencer à être mise à l'arrêt, mardi. De nombreux autres sites sont concernés. Au total, 70% des salariés des raffineries du groupe sont en grève.

Des bénéfices presque triplés

Il y a "un manque de personnel évident, qui nuit à la sécurité des installations, des salariés et des personnes voisines de nos sites industriels", dénonce Fabien Cros, secrétaire général CGT Total La Mède.

Des situations incompréhensibles pour les salariés alors que le groupe voit presque tripler son bénéfice entre le premier semestre 2021 et 2022.

"C'est bien le fruit de notre travail qui donne les 20 milliards d'euros qu'a fait Total ces six premiers mois, il faut que ça soit redistribué, à tout le monde", ajoute Fabien Cros.

"La pénurie est bien là et elle va s'accélerer"

Depuis le début de la grève, à Feyzin (Rhône), "il n'y a aucun camion, aucun produit qui sort, ni par pipeline , ni par bateau et ni par wagon", affirme Sébastien Saliba, secrétaire général CGT Total Feyzin.

Il tient à rappeler aux Françaises et aux Français que le but n'est pas "de les enquiquiner" et ajoute que "les stations sont envahies, la pénurie est bien là et elle va s'accélérer".

Le mouvement doit prendre fin ce soir, mais les syndicats s'interrogent sur la suite à donner à cette grève. "Nous continuerons le combat après le 29 si les travailleurs et les travailleuses nous suivent", souligne Sébastien Saliba.

Dans les raffineries, les grévistes restent tout de même à leur poste pour assurer la sécurité des installations.

Lola Baille et Vincent Chevalier